Historique

Kinderzimmer – Valentine Goby

Kinderzimmer

En découvrant que ce roman était sorti pour la rentrée littéraire 2013, j’ai eu une envie subite de le lire. J’étais persuadée que ce roman était unique et magnifique. Le thème des camps de concentration est traité et re-traité, et pourtant, Valentine Goby a choisit d’aborder le sujet de la Kinderzimmer, la chambre des enfants au sein du camp de Ravensbrück. Mon partenariat avec les éditions Actes Sud m’a permis de le découvrir, et je les remercie pour cet envoi.

Résumé …

“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.


Mon avis …

Si j’étais très impatiente et curieuse de découvrir ce roman, j’ai eu cependant énormément de difficultés dès le début de ma lecture. Valentine Goby a une écriture très particulière, du moins dans ce roman, qui fait que les pensées s’enchainent dans la même phrases, mêlées aux paroles, et qu’on a du mal à se situer, à comprendre tout ce qui est dit et pensé. Ce style est, parait-il, totalement adapté au sujet des camps de concentration, à cette impossibilité qu’ont les survivants de raconter de manière cohérente et logique ce qu’ils ont vécu. C’est sans doute vrai, mais personnellement, j’ai eu terriblement de mal à lire les 100 premières pages de ce livre tellement la compréhension en était rendue très difficile par l’écriture.

Le problème majeur que j’ai rencontré est cette écriture de l’auteur qui m’a perturbé sur plus de la moitié du livre puisqu’il fait seulement 220 pages. Cependant, une fois cette moitié passée, j’ai enfin réussie à m’adapter à l’écriture de Valentine Goby, et j’ai été alors très touchée par cette histoire. A tel point que j’en suis ressortie bouleversée et que je crois que cette lecture me marquera plus que ce que j’aurais pensé.

Kinderzimmer nous raconte l’histoire de Mila qui arrive, enceinte, au camp de Ravensbrück. Durant tout le temps qu’elle passera dans ce camp, elle nous dévoilera ses rencontres, sa lutte incessante pour rester en vie et sa difficulté à admettre qu’elle porte un enfant alors qu’elle même est si proche de la mort. La présence de cet enfant amène une lumière, une vie au sein de cet endroit qui respire la mort, et pourtant, il est dramatique de constater les efforts qui sont demandés à Mila et aux femmes du camp pour garder ce petit être en vie, pour l’éloigner le plus possible de la mort.

En effet, les femmes qui entourent Mila vont également l’aider et s’appuyer sur cette naissance pour survivre. Elles vont trouver une force dans la naissance de cet enfant, même si la mort semble les attendre de façon plus que certaine. Mila a cette fragilité et cette volonté de survivre qui m’a beaucoup touché. Ce roman m’a bouleversé par la dureté de son écriture, de ce qu’il décrit, et par le réalisme avec lequel il nous plonge dans ce qu’a été Ravensbrück et le quotidien de ces femmes. De plus, la Kinderzimmer était un concept dont je n’avais jamais entendu parler, et j’ai beaucoup apprécié le découvrir par le biais de ce livre, découvrir cet endroit dans lequel Mila se réfugie pour se retrouver quelques instants avec son fils. Endroit dans lequel les enfants sont tous placés et où la mort ne les quitte cependant pas non plus. J’ai pleuré à de nombreuses reprises, et j’ai réellement été touchée par ce roman au final.

En refermant ce livre, j’ai réalisé sa beauté, et à quel point il était presque un coup de coeur pour moi. C’est un magnifique reflet de ce qui a maintenu Mila en vie alors même que la mort l’entourait. Cependant, il m’est impossible d’ignorer les difficultés que j’ai rencontré concernant l’écriture de l’auteur, qui m’a empêché de véritablement rentrer dans ce roman avant une bonne centaine de pages.


Pour résumer …

Un roman difficile, magnifique et bouleversant qui laisse entrevoir un peu de vie au sein d’un endroit dans lequel la mort est omniprésente. Presque un coup de coeur, mais une écriture très particulière qui m’a posé quelques difficultés de compréhension et de nombreuses pages avant de m’y adapter totalement.

Ma note : ★★★★★☆

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4 réflexions au sujet de « Kinderzimmer – Valentine Goby »

  1. Les camps de concentration ont toujours été un sujet qui m’intéresse que ce soit dans la littérature ou dans le cinéma. Je n’avais jamais entendu parlé de la Kinderzimmer, je garde de livre en mémoire en tout cas et je le lirai peut être un jour

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