Contemporain

Quand nous étions heureux – Rebecca Coleman

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Quand j’ai vu la couverture de ce roman et quand j’ai lu son résumé, j’ai immédiatement eu très envie de le découvrir. J’ai eu la chance de pouvoir le recevoir dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Presses de la Cité, que je remercie pour cet envoi. Je l’ai emmené pendant mes vacances, or cette lecture s’est révélée bien plus sombre que ce que je pensais, et j’ai donc eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire.

Résumé …

Jill et Cade, vingt et un ans, sont étudiants et amoureux. Ils semblent promis à un avenir radieux. Malgré leur relation fusionnelle, Cade refuse de présenter Jill à sa famille, qui vit dans un coin reculé du New Hampshire. Lorsque Jill tombe enceinte, ils décident de passer l’été là-bas. Bien que la famille de Cade se révèle très éloignée de celle dans laquelle elle rêvait d’élever son enfant, Jill parvient à établir une relation avec chacun de ses membres. Eddy, le père de Cade, diminué par une attaque ; Candy, la sœur aînée, très croyante ; Dodge, le beau-frère, réactionnaire et raciste ; Leela, la mère qui passe ses journées à confectionner des drapeaux américains destinés aux familles de soldats. Mais c’est surtout d’Elias, le frère de vingt-trois ans, jeune vétéran souffrant de stress post-traumatique, que Jill se rapproche. Entre eux, une complicité ambiguë va s’installer. Peu après que Jill a accouché, Elias se tire une balle dans la tête. Cet événement tragique bouleverse la famille et les projets de Jill et Cade, qui renoncent alors plus ou moins tacitement à leurs rêves. La situation empire, jusqu’au basculement final dans la tragédie.


Mon avis …

J’ai eu beaucoup de difficultés à lire ce roman qui m’a un peu déprimée, et surtout beaucoup ennuyée. Pourtant, le sujet était intéressant et très prometteur puisque je lis très rarement sur le sujet des soldats et d’autant moins sur leur retour à la vie civile qui s’avère être quelque chose de difficile et très complexe, et pourtant dont on ne parle que très peu. Je trouve l’initiative de l’auteur (qu’elle explique d’ailleurs à la fin de son roman) très intéressante et importante, et c’est aussi pour ça que je suis contente d’avoir lu ce roman malgré tout.

Mon principal problème a été la construction du roman, et notamment les différents points de vue qui, selon moi, n’apportent souvent pas grand chose à l’histoire, mais nous ennuient un peu au contraire. J’aurais sans doute préféré avoir davantage le point de vue de Jill, qui est présentée comme le personnage principal en quelque sorte, et qui est intéressante car extérieure à cette famille qu’elle va apprendre à découvrir. Mais mon principal regret est sans aucun doute que le personnage d’Elias, qui est le soldat de retour à la vie civile et le beau frère de Jill, n’ait pas davantage exprimé ses ressentis, et on assiste à son isolement, à son enfermement chaque jour plus profond, d’un point de vue très extérieur. J’aurais tellement aimé comprendre davantage ce personnage et je pense que cela aurait rendu le livre un peu plus passionnant. De la même manière, on sent tout au long du livre que sa relation avec Jill, sa belle-soeur, en couple avec son propre frère, est assez ambiguë, mais cette dernière est également peu approfondie, et j’attendais vraiment qu’elle soit plus développée et plus aboutie.  Finalement, on assiste à tout ça de très loin, et l’auteur choisit de ne pas aller au bout de ce qu’elle évoque, en l’occurrence cette attirance entre Jill et Elias qui me semblait assez intéressante car interdite en quelques sortes.

J’ai également eu des difficultés avec certains personnages, voire même la plupart, puisque je n’ai pas réussi à comprendre cette famille qui est si particulière. Leurs croyances, leur vision des choses, leur mode de vie et leur manière de fermer les yeux face à la détresse d’Elias m’ont agacé. Je n’ai pas du tout aimé le personnage de Cade, tout comme celui de Dodge, et j’ai trouvé ces personnages insupportables au possible. Ceci n’a pas aidé à me faire apprécier cette histoire, au contraire.

Le personnage de Elias est sans aucun doute le plus intéressant, or j’ai eu le sentiment que son retour et ses difficultés à retourner à la vie civile, à revivre normalement après son retour du front n’étaient qu’un prétexte pour nous présenter cette famille si complexe et incompréhensible. Je regrette véritablement qu’il n’ait pas été davantage au centre de cette histoire, tout comme le personnage de Jill qui assiste à tout ceci avec un sentiment d’impuissance assez communicatif. Je suis restée assez perplexe face à toute cette histoire, face au comportement de Cade qui semble être irréfléchi et qui passe davantage de temps à se plaindre et à vouloir venger son frère qu’à réellement reprendre sa vie en mains.

Ce roman est assez déprimant, car très sombre et il ne contient pas beaucoup d’espoir en lui. Cette histoire aurait pu me toucher si cette famille n’avait pas été si incompréhensible pour moi et si le personnage d’Elias, si complexe et intéressant, nous avait été davantage dévoilé sans que sa famille ne prenne la place sur l’intrigue et le roman. La révélation du suicide de Elias dans le résumé nous prouve, de toute façon, très bien que cet évènement déclenche tout le reste, or j’aurais vraiment préféré que l’auteur se concentre sur cet acte, sur le sujet du syndrome de stress post-traumatique qui me semblait faire le véritable intérêt de ce roman.


Pour résumer …

Je regrette véritablement que cette famille si incompréhensible à mes yeux ait pris la place sur le sujet le plus intéressant, à savoir le personnage d’Elias et son retour à la vie civile. Ce personnage si complexe ne nous est que très peu dévoilé, et c’est selon moi ce qui fait que ce roman n’est pas aussi passionnant qu’il aurait pu l’être. Je me suis malheureusement ennuyée, et j’ai été assez déçue dans l’ensemble.

Ma note : ★★★☆☆☆
(09/20)

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11 réflexions au sujet de « Quand nous étions heureux – Rebecca Coleman »

  1. Comme toi le résumé et l1 couverture me donnait très envie de découvrir ce roman mais ton avis me freine un peu du coup. Je vais attendre un ou deux avis encore et je verrais après si je m y plonge…

  2. Je ne connaissais pas mais tu me donnais vraiment envie de le lire, dommage pour tous ces bémol qui me freinent du coup.
    Concernant le retour à la vie civile, j’avais lu deux livres en partenariat avec cultura qui étaient sympa et dont j’ai oublié les titres : Un pour la rentrée de septembre et l’autre en janvier (au cas où tu voudrais poursuivre sur ta lancée^^).

    1. Ah oui ça pourrait être sympa, si jamais tu te souviens des titres, n’hésite pas 🙂 Celui-ci te plaira peut-être, je suis le seul avis négatif que j’ai pu voir, d’autres l’ont adoré! C’est vrai qu’il est intéressant donc tu l’aimeras peut-être.

  3. Moi j’ai bcp aimé.j’ai trouvé les choix de l’auteure quant aux personnages judicieux. Elle soulève ainsi certains dysfonctionnements des États-Unis : la détresse d’elias n’est pas entendue, la famille extrémiste qui n’est pas incompréhensible puisque repliée sur elle, de droite et à l’esprit étriqué. Il n’en faut parfois pas plus pour sombrer dans le gd n’importe quoi.
    C’est dommage que tu n’aies pas accroché. Mais il en faut bien pour tous les goûts et surtout la sensibilité de chacun est différente alors je comprends ta note et ton ressenti, tu m’expliques bien.

    1. Ah oui je comprends aussi ton ressenti, mais alors pour le coup je m’attendais vraiment à ce qu’Elias soit davantage au centre, j’ai ressenti beaucoup d’ennui en le lisant pour ma part mais bon c’est bien que ce ne soit pas le cas de tout le monde 🙂

  4. Moi, c’est bizarre, mais le titre du livre et son résumé ne m’attire pas beaucoup. Après étant donné que ça a plu à certaines mais que d’un côté, tu t’y est ennuyée, je serais ravie de me faire un avis là-dessus et de t’en redonner des nouvelles! Des bizz ^^

  5. Moi j’ai adoré ce livre, même si je reconnais qu’il est sombre. J’ai aussi un peu eu cette frustration sur le peu de détails apportés à l’histoire d’elias mais c’est un parti pris qui me plaît. Elias est un mystère pour tout son entourage, le livre ne s’applique donc pas à étaler ses sentiments mais au contraire, il renforce l’expression de cet isolement subit… l’auteur se place du point de vue de l’entourage: comment réagit on face au retour de ce soldat? Tout comme Jill, on en vient à vouloir en savoir plus, mais on se retrouve limité. Et c’est finalement tellement réaliste!

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