Contemporain

Kouri • Dorothée Werner

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Kouri est l’une des parutions de JC Lattès de 2015 dont on a assez peu parlé mais qui m’intéressait beaucoup. Je remercie Babelio et les éditions JC Lattès pour cette lecture.

Résumé …

Février 1950. Un train file vers l’Allemagne. Kouri, nom de résistante de Germaine Tillon, n’aime pas les voyages et celui-ci qui l’emmène vers le pays maudit moins que les autres. Là-bas, un curieux procès l’attend. Rescapée de Ravensbrück, où elle a été déportée pour des faits d’insoumission en 1943, elle part pour témoigner au procès de deux anciennes gardiennes du camp. À l’époque, ces femmes cruelles avaient tout pouvoir sur les détenues. Cette fois, Kouri tient leur vie entre ses mains. Elles risquent la peine de mort et son témoignage fera basculer le procès d’un côté ou d’un autre. Kouri suffoque dans son étroit compartiment bondé. Tout au long du trajet, des événements curieux la confrontent à son passé, fait de chagrins inconsolables, de folles aventures et de souvenirs éblouissants de sa vie d’ethnologue en Afrique. Kouri doute et vacille. Elle porte sous sa peau la mémoire de l’enfer, une connaissance de la part d’ombre des hommes et le manque d’une mère partie en fumée dans le ciel de la Baltique. « Justice, camarades ! », Kouri entend encore le cri des prisonniers emmenés vers la mort. C’est au nom de cet idéal qu’elle a survécu, mais la vérité est brûlante et voilà qu’elle doute. La justice ou la vengeance, la loyauté ou la trahison ? Avant que le train n’arrive à sa destination, elle aura choisi.

Mon avis …

L’auteur a choisi d’écrire ce roman sur Germaine Tillion, alias Kouri, lors d’un trajet en train à destination du procès pour lequel elle est appelée à témoigner. Dans l’esprit de Kouri, se mélangent alors les souvenirs des camps, des atrocités commises, de l’horreur et le désir de vengeance à l’intime conviction que l’humanité doit rester plus forte que tout. J’ai trouvé les réflexions menées par l’auteur très intéressantes.

Pourtant, ce n’est pas ce conflit intérieur qui est le plus imposant dans ce livre, c’est toutes les réflexions de Kouri concernant la vie, l’après-guerre ou encore les personnes qui l’entourent. Je dois bien reconnaître que je n’ai pas réussi à être intéressée par ces parties du roman, bien que potentiellement intéressantes, sans doute que la manière dont l’auteur a choisi de les évoquer n’a pas réussi à me provoquer une émotion particulière.

Enfin, un autre aspect du roman m’a également gênée. L’auteur a intégré, dans son récit, des mots, des phrases issues de la bibliographie de Germaine Tillion. De fait, les véritables mots de cette femme sont mêlées à ceux de l’auteur, et bien que l’italique les distingues, j’ai été dérangée par ce choix. En effet, il est délicat d’écrire un roman inspiré d’un personnage réel, et il est encore plus compliqué pour le lecteur de faire la part entre l’Histoire et l’invention. Je n’ai pas trouvé l’intégration naturelle et surtout, je pense qu’il est important de distinguer ces deux initiatives très différentes que sont l’écriture d’un roman et la lecture d’une bibliographie. Je trouve que les deux ne peuvent pas être mêlées, mais cela reste bien évidemment mon avis.

Kouri était donc un roman intéressant sur les réflexions qu’il apporte concernant la justice, le pardon, la vengeance, l’humanité mais aussi sur la survie après la guerre, après les camps, après l’horreur. Sur les comportements très différents de chaque survivant. Kouri est une femme inspirante par sa volonté de croire coûte que coûte à la justice. Malgré tout, je n’ai pas adhéré à la manière dont l’auteur a construit son roman, par ce manque de choix entre fiction et faits réels, et je me suis d’ailleurs ennuyée pendant la majorité du roman.

Pour résumer …

Des réflexions intéressantes sur la justice, l’humanité, le pardon et la survie après les camps. Cependant, l’auteur n’a pas réussi à éviter mon ennui par les choix qu’elle a faits dans la construction du roman et dans la manière dont elle a raconté cette histoire.

Ma note : ★★☆☆☆☆
(07/20)

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2 réflexions au sujet de « Kouri • Dorothée Werner »

  1. Je lis le résumé, je me dis « tiens cela peut me plaire », je lis ta chronique et je me dis que je vais gentiment passer mon chemin (quoique les réflexions sur la justice me plaisent bien) haha ^^
    Merci pour cette chronique honnête et j’espère que ta prochaine lecture te plaira plus ^^

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