Historique

Pardonne-lui • Jodi Picoult

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Acheté peu après sa sortie, ce roman trainait dans ma PAL depuis bientôt 2 ans. En effet, il s’agit d’un beau pavé que je ne prenais jamais le temps de lire. J’ai donc décidé de le lire cet été et ce fut un coup de coeur que je suis très heureuse d’avoir découvert.

Résumé …

Sage Singer est une solitaire. Elle dort le jour et travaille la nuit dans une boulangerie, où elle oublie les blessures de la vie en pétrissant le meilleur pain de la ville. Quand elle rencontre Josef Weber, un vieil homme insomniaque, Sage a enfin le sentiment d’avoir trouvé quelqu’un à qui se confier. Malgré leurs différences, chacun devine les cicatrices intimes de l’autre, et une amitié inattendue voit le jour. Jusqu’au soir où Josef lui révèle le terrible secret qu’il cache depuis soixante ans et lui demande la plus incroyable des faveurs : le tuer. Confrontée à un choix moral impossible, Sage fouille dans l’histoire de sa famille pour tenter de résoudre son dilemme. Mais alors qu’elle plonge dans les horreurs de la Seconde Guerre mondiale à la recherche de la vérité, elle découvre que la frontière est parfois bien floue entre amour et trahison, justice et vengeance. Et elle devra répondre à la plus difficile des questions : certains actes sont-ils impardonnables

Mon avis …

Tout d’abord, lorsque je me suis plongée dans ce roman, je n’ai pas relu le résumé et si je m’attendais à un roman sur l’euthanasie, quelle surprise de découvrir que ce roman traite en réalité de la Seconde Guerre Mondiale ! Pour autant et bien que j’ai lu des dizaines d’ouvrages sur le sujet, cela n’a pas empêché de faire que ce roman a été un véritable coup de coeur. Lu en presque une semaine entière, j’ai été bouleversée par cette histoire qui m’a profondément remuée.

« Mes grands-parents tenaient une librairie ancienne, une minuscule boutique dont les allées étroites étaient encombrées de centaines d’ouvrages sans âge. (…) On ne trouvait pas là le dernier best-seller, certes, mais quand on prenait en main un de ces objets, on feuilletait la vie d’un inconnu. Quelqu’un d’autre avait transporté ce livre dans un sac à dos, l’avait dévoré en avalant son petit déjeuner, l’avait tâché de café dans une brasserie parisienne, s’était endormi en pleurant après avoir lu le dernier chapitre. Cette boutique avait une odeur particulière, un mélange de moisissure et de poussière. Pour moi, c’était l’odeur de l’Histoire. »

Parce qu’il y a certes les passages relatifs aux camps de concentration, à la déportation et à l’horreur de ce qu’ont vécu les personnes déportées et ces passages sont vraiment difficiles. A chaque fois que je lis un roman sur ce sujet, cela me fait le même effet que s’il s’agissait d’un témoignage tant il est difficile de considérer ces écrits comme une simple fiction. Jodi Picoult développe pendant un chapitre long de presque 100 pages ce quotidien dans les camps au travers de la grand-mère de Sage, rescapée de Auschwitz et qui va pour la première fois se livrer réellement sur cette horreur qu’elle a vécue.

« Nous lisons de la fiction pour ne pas oublier que quels que soient nos malheurs, nous ne sommes pas les seuls à souffrir. »

« Parfois il suffit de considérer une tragédie d’un autre œil pour y voir un miracle. »

Mais ce qui est le plus perturbant dans ce roman, c’est l’intégration de ce vieillard : Josef, qui demande à Sage de le tuer après lui avoir confessé certaines choses qu’il gardait enfoui en lui depuis des années. Par cette requête, il souhaite mettre fin à sa souffrance, à sa culpabilité, mais aussi demander pardon. Ce roman est alors une véritable réflexion sur la possibilité de pardonner l’atrocité et l’horreur. J’ai été remuée par ce livre, par les réflexions qu’il provoque chez le lecteur qui s’interroge forcément sur la limite du pardon, sur sa propre possibilité à pardonner.

« Le pouvoir, ce n’est pas de faire subir quelque chose d’affreux à quelqu’un de plus faible, c’est d’avoir la force de commettre quelque chose d’affreux mais de choisir de ne pas le faire. »

« Il suffit parfois que quelqu’un vous considère comme tel, sans accorder d’importance à votre allure, pour redevenir un être humain »

J’ai été choquée par la fin du roman qui m’a totalement surprise et qui a encore plus provoqué chez moi une réaction forte. Parce que l’Histoire a toujours deux visages et que peut-être, on peut penser que l’Homme ne naît pas fondamentalement mauvais et vit avec les crimes qu’il a commis ou laissé commettre. C’est véritablement un roman dont on ne sort pas indemne, qui bouleverse en évoquant la déportation mais qui permet aussi de s’interroger sur nos convictions profondes sur des sujets difficiles et complexes. Dérangeant et plein de vérités, en ne tranchant jamais véritablement mais en saisissant toujours la complexité du débat, j’ai trouvé que Jodi Picoult choisissait d’évoquer ces sujets avec une justesse évidente et un tact certain. C’est un roman très fort qui m’a profondément touchée et marquée et que je ne peux que vous conseiller.

 

Pour résumer …

Encore un roman qui traite de la seconde guerre mondiale et qui m’a lui aussi bouleversée en évoquant les camps mais qui m’a surtout profondément remuée par la réflexion qu’il provoque chez le lecteur sur les limites du pardon et sur l’humanité des hommes. De la justesse, jamais de jugement, l’auteur laisse à chacun le soin d’interroger ses convictions profondes. Un roman dont on ne ressort pas indemne.

Ma note : ★★★★★★
(20/20)

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9 réflexions au sujet de « Pardonne-lui • Jodi Picoult »

  1. Et bien… Je ne connaissais pas du tout mais ta chronique me donne très très envie ! Jodie Picoult a une très belle plume que j’ai découvert dans son roman Le Pacte. Je me note ce nouveau roman précieusement dans un coin de ma tête 🙂 ! Merci 🙂

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