Contemporain

Dépendance Day • Caroline Vié

11931719_530540553769636_687462941_n

Sorti en début d’année 2015, Dépendance Day m’a intéressé car il traite du sujet de la maladie d’Alzheimer. A l’image du roman Avant de t’oublier, également lu cette année, j’avais envie de voir comment l’auteur allait réussir à traiter son sujet.

Résumé …

Elles s’appellent Lachésis, Clotho et Morta, comme les Trois Parques. Elles filent leurs propres vies, entre joies familiales et blessures d’adultère. De génération en génération, surtout, elles se transmettent le même rouet, la même malédiction : l’oubli, la folie, la perte de soi – ce que l’on appelle aujourd’hui Alzheimer. Clotho a dû enfermer Lachésis. Morta, la narratrice, sait qu’un jour elle devra à son tour enfermer Clotho. De mère en fille, le même amour, la même impuissance.

Mon avis …

C’est du point de vue de l’hérédité que la maladie d’Alzheimer est abordée dans Dépendance Day. Caroline Vié, dans son récit en partie autobiographique, raconte l’histoire de ces trois femmes de la même famille, de générations différentes, toutes atteintes de cette maladie. Leurs destins sont semblables, à savoir devoir à terme enfermer sa mère comme elle-même a enfermé la sienne.

Comment vivre avec cette incertitude de l’avenir ? Comment souhaiter vieillir alors que l’on s’imagine devenir sénile, peu à peu disparaitre avec sa mémoire ? Comment imposer à ses propres enfants de supporter cette épreuve, alors que l’on sait exactement ce qu’ils vont traverser ? Ces questions sont posées dans ce roman avec le personnage de Morta, confrontée à la maladie de sa mère, comme sa mère et sa grand-mère avant elle.

J’ai souvent été un peu perturbée par le manque de sensibilité dans la façon d’évoquer la maladie. Comme si l’auteur avait voulu volontairement donner à ses personnages une certaine distance. Sans doute par souffrance, par volonté de se protéger aussi. Car si les femmes de ce roman vivent leur vie, si Morta avance jour après jour, c’est avec cette échéance à l’esprit.

C’est finalement un récit assez dur, qui n’épargne personne et qui va au fond du sujet, sans forcément souhaiter l’embellir, bien au contraire. C’est là également la qualité du roman, d’avoir évoqué Alzheimer en souhaitant être au plus près de la réalité de la maladie. Je n’ai pas été bouleversée par ce livre comme je l’aurais pensé, sans doute car j’ai été un peu déroutée par le fait que les émotions sont souvent enfouies profondément, bien qu’elles soient présentes, malgré tout j’ai trouvé ce roman vraiment fort et je pense n’avoir encore jamais vraiment lu de roman si réaliste dans son évocation de la maladie d’Alzheimer.

Pour résumer …

Alzheimer, cette terrible maladie et cette hérédité qui impose aux enfants d’enfermer leurs parents, comme ils ont eux-mêmes enfermé leurs parents avant eux. Vivre et vieillir avec un futur incertain, voilà ce que décrit l’auteur. Ce récit souvent dur évoque sans détour et sans jamais l’embellir l’impact de cette maladie sur le malade lui-même mais surtout sur ceux qui assistent, impuissants, à sa disparition progressive.

Ma note : ★★★★☆☆
(14/20)

Advertisements

6 réflexions au sujet de « Dépendance Day • Caroline Vié »

  1. Brrr, un sujet qui fait froid dans le dos. J’ai encore Histoire de l’oubli et Alzeihmer mon amour dans ma PAL sur le thème de cette maladie donc je ne vais pas rajouter celui-ci pour le moment même si cette question d’hérédité semble très intéressante. Dommage que le livre n’ait pas su te toucher plus que ça. Peut-être que ce n’était pas l’objectif de l’auteur?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s