Historique

Lever de rideau sur Terezin • Christophe Lambert

12077151_548671545289870_1067205177_n

C’est par le plus grand des hasards que j’ai découvert Lever de rideau sur Terezin et, par la même occasion son auteur Christophe Lambert. J’ai décidé d’acheter ce livre car j’avais le sentiment qu’il était fait pour moi et je ne me suis heureusement pas trompée, loin de là.

Résumé …

Novembre 1943. Après des mois à se terrer à Paris, dans une chambre de bonne, le célèbre dramaturge juif Victor Steiner est arrêté et déporté. Etant donné sa notoriété, on lui a promis « un traitement spécial » : on l’envoie en Tchécoslovaquie, à Terezin, un camp qui ressemble à une petite ville. A première vue. Car il y règne autant de violence que dans les autres camps nazis. Mais Steiner a la surprise de s’y découvrir un fan : un officier SS qui lui commande une pièce. Elle devra être jouée lors d’une visite de contrôle de la Croix-Rouge internationale, dans le grand théâtre de Prague. Ecrire pour les nazis ? Steiner s’y refuse. Mais il n’a pas le choix, et la Résistance interne au camp finit de le décider : ce spectacle pourrait être l’occasion de faire évader des prisonniers…

Mon avis …

Il est rare que j’ai à ce point-là un pressentiment sur un livre et quel plaisir quand je me plonge dans les premières lignes et que je réalise à quel point j’avais raison. Cela ne m’a jamais quitté tout au long de ma lecture car j’ai été complètement embarquée par ce livre qui m’a fait oublié que je n’avais pas eu de coup de coeur depuis bien bien longtemps.

Lever de rideau sur Terezin m’a captivée, bouleversée, terrorisée, glacée et effrayée tout à la fois. Ce roman est tout d’abord une incroyable source d’informations sur un camp ayant réellement existé et ayant été connu pour ses spécificités. En effet, il s’agissait d’un camp bien différent d’autres, notamment parce qu’il accueillait des personnes importantes, parmi lesquelles des artistes et que ce camp a servi aux nazis de mascarade pour tenter de cacher au reste du monde les atrocités qui y étaient commises, là et ailleurs.

C’est en effet la visite de la Croix Rouge, qui a réellement eu lieu à Terezin, qui va permettre aux nazis d’orchestrer une mise en scène afin de déguiser leurs actes et de laisser croire à une ville « comme les autres » alors qu’il s’agissait en réalité d’un camp de concentration. C’est également cette visite qui va servir de prétexte à Christophe Lambert pour imaginer cette pièce de théâtre qu’un SS, admirateur de Victor Steiner, lui commande pour l’occasion.

Des questions intéressantes se posent alors : où s’arrête la création ? où commence la liberté ? Le processus de création mêlé aux conditions de vie dans le camp, à l’horreur qui y règne est assez déroutant à suivre, surtout car l’auteur centre tant son roman sur cette pièce et sur ce dilemme que vit le personnage principal ainsi que sur les privilèges que le nazi lui accorde que l’on en vient parfois à oublier que l’on se trouve au sein même d’un camp de concentration. Et pourtant, Christophe Lambert insère à chaque fois un évènement dur, terrible, souvent inhumain même, pour nous rappeler le triste contexte de son roman.

Cette gravité présente entre chaque ligne ne quitte jamais l’histoire et c’est une tension qui s’y ajoute même puisqu’avec la pièce qui prend forme, avec la date de représentation qui approche, l’objectif final et le plan d’évasion se concrétise également. Jusqu’au bout, le lecteur ignore le dénouement, ignore si le plan réussira. Il est impossible de ne pas être complètement pris dans ce roman tant les enjeux sont importants, tant il s’inspire aussi de toutes ces victimes, de toutes ces vies disparues à Terezin et dans les autres camps.

Christophe Lambert est un auteur que je vais surveiller de très près, et je compte bien lire Swing à Berlin, un de ses précédents romans qui avait beaucoup fait parler de lui et qui se déroule également pendant la seconde guerre mondiale.

Pour résumer …

Un coup de coeur. Glaçant, terrifiant, bouleversant et une tension jusqu’à la dernière ligne. Un roman qui nous enseigne beaucoup sur Terezin, ce camp tout particulier ayant réellement existé. J’ai été captivée par cette histoire qui mêle apports historiques sur la seconde guerre mondiale et réflexion sur l’art et le processus de création. Magnifique.

Ma note : ★★★★★★
(20/20)

Advertisements

13 réflexions au sujet de « Lever de rideau sur Terezin • Christophe Lambert »

  1. J’ai lu Swing à Berlin cet été : j’ai bien aimé, sachant que c’est également inspiré de faits réels, mais je n’ai pas été touchée plus que ça. Je pense que c’est surtout la plume de l’auteur qui m’a peu touchée. En tout cas si tu le lis je serai curieuse de lire ton avis !

  2. J’ai failli me prendre ce livre hier à la librairie suite à un de tes posts passionnés durant ta lecture mais je ne l’ai pas fait et je le regrette !! Zut…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s