Témoignage / Biographie

Les guérir • Olivier Charneux

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Puisque je suis toujours intéressée par les livres traitant de la seconde guerre mondiale, j’ai eu envie de lire ce roman de la rentrée littéraire sorti début janvier. Je tiens donc à remercier les éditions Robert Laffont pour cette lecture.

Résumé …

« L’homme le plus important du Reich après Hitler avait affrété spécialement un avion militaire pour acheminer le docteur Carl Værnet et sa famille du Danemark à Berlin. Himmler l’avait reçu dans son bureau en pleine guerre, le 15 février 1944, entouré de ses principaux collaborateurs. Il lui avait ouvert les portes du camp de concentration de Buchenwald. Il l’avait financé. Carl Værnet n’en revenait toujours pas de leur complicité. Il entendait encore le Reichsführer évoquer son père éleveur de chevaux dans le Jütland, comme si Himmler l’avait connu au Danemark et qu’il était de la famille. Il l’entendait aussi parler des paysans, dont il se sentait proche, et de l’élevage, qui était son premier métier. Sa préoccupation de la question homosexuelle les avait définitivement rapprochés. Était-ce un crime de vouloir les guérir? »

Dans cette biographie romancée, Olivier Charneux révèle l’entreprise délirante et monstrueuse d’un médecin danois, Carl Værnet, obsédé par l’idée de régler la question de l’homosexualité pour « le bien de l’humanité ». Porté par une écriture sobre et rigoureuse, ce récit restitue dans sa terrible vérité le parcours d’un homme presque ordinaire guidé par une vision moralisatrice et régulatrice de la société qui conduit encore aujourd’hui dans certains pays du monde à exclure, voire à exterminer tous ceux qui sont perçus comme « différents ».

Mon avis …

Cette biographie romancée nous décrit une partie de la vie de Carl Vaernet, un danois ayant décidé, très tôt, de « soigner » l’homosexualité, de « guérir » ceux qui en sont « atteints » et qui va, pour cela, être prêt à tout. C’est surtout la folie de cet homme qui ressort de ce roman. Plus que la haine de l’autre, on sent chez lui la véritable volonté d’améliorer l’humanité, d’où son rapprochement évident avec le régime nazi.

Je ne peux pas dire que j’ai été passionnée par ma lecture, sans doute parce que l’auteur garde une distance certaine avec le personnage, en évitant justement de trop romancer son livre mais en privilégiant l’aspect biographique. Ainsi, tout passe très vite, les années défilent, et cela nous empêchent sans doute de véritablement entrer dans la psychologie du personnage. Pourtant, il aurait été intéressant d’approfondir les théories de ce médecin et surtout les passages où il opère effectivement des homosexuels dans les camps. L’auteur s’attarde presque davantage sur les années précédentes, alors que c’est vraiment ces moments-là qui constituent, chez l’homme, ses crimes.

Ce livre nous révolte car il nous fait réaliser que tous les participants au régime nazi n’ont pas été jugé comme ils auraient dû l’être, à l’image de cet homme qui, toute sa vie, aura été oublié de tous, en dépit de ses actes horribles. En cela, je trouve le livre important. Il nous rappelle aussi que cet homme, dans sa folie, a pourtant engagé un mouvement qui n’a jamais véritablement cessé. Celui qui souhaite « guérir » l’homosexualité. Que ce soient par les opérations, les traitements dans les années suivant la seconde guerre mondiale ou encore même aujourd’hui, Olivier Charneux nous rappelle que la folie humaine n’a pas de limites et tente de mettre les mots sur l’horreur que vivent toutes ces victimes qui n’ont jamais été reconnues comme telles.

Pour résumer …

Une biographie romancée qui nous permet de découvrir la folie d’un homme et son implication dans le régime nazi par les opérations qu’il a réalisées sur des homosexuels pour les « guérir » et « améliorer l’humanité ». Des faits révoltants mais j’ai regretté que les crimes en eux-mêmes soient évoqués beaucoup trop rapidement à l’inverse de la vie du docteur ainsi que la distance prise par l’auteur pour raconter la vie de cet homme.

Ma note : ★★★☆☆☆
(10/20)

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5 réflexions au sujet de « Les guérir • Olivier Charneux »

  1. Cela me rappelle La mort est mon métier, dans lequel l’auteur nous raconte la vie de Rudolf Hoss, ses jeunes années, puis son adhésion au parti nazi ,qui lui confie une ferme, et enfin comment il finit presque « naturellement », du fait de ses qualités « morales », par diriger Auschwitz… Mais de mémoire, il y a une grande partie du roman consacré à ces années Auschwitz
    Je ne pense pas lire Les guérir au vue de ta critique du coup

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