Contemporain

Je n’ai jamais eu de petite robe noire • Roselyne Madelenat

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Je surveille attentivement les parutions de chaque maison d’édition, et pourtant j’étais totalement passée à côté de la sortie de ce roman en octobre 2015. C’est ma copine Diane qui me l’a fait découvrir et j’ai eu très envie de le lire. Merci aux éditions Hugo pour cette lecture.

Résumé …

Florence est journaliste dans la presse féminine et mène une vie sentimentale décousue. Depuis sa jeunesse, elle a rompu avec sa famille. Lors de l’enterrement de sa mère, Florence renoue avec son père qu’elle ne voyait plus. Ensemble, ils tissent un lien un peu fou, étrange, osent enfin s’aimer et se le dire. Et ce sentiment bouleverse la narratrice : ne détestait-elle pas son père jusqu’à présent ? Et lui, ne l’ignorait-il pas ? Que se passe-t-il ? La mort de sa mère ne se contente pas de mettre à nu des sentiments enfouis, elle ouvre aussi la boîte de Pandore sur un secret de famille datant de 1943. Un secret aussi incroyable qu’effroyable et dont son père est le seul à détenir la clé. Et qu’en est -il de la petite robe noire ? Pourquoi Florence n’en a-t-elle jamais portée ? C’est que les petites robes noires ont elles aussi leur secret… Un texte poignant, haletant dans les méandres troubles de la mémoire…

Mon avis …

Je n’ai jamais eu de petite robe noire est un roman qui annonce un secret de famille, et cet aspect du roman m’intéressait forcément beaucoup. C’est toujours le genre d’histoire qui me touche généralement, qui nous plonge sur plusieurs générations. Cependant, j’ai trouvé au fil de ma lecture que le roman ressemble finalement à d’autres de ce côté-là. Rien de très original dans l’aspect « secret de famille » qui est abordé. Combien avons-nous lu de romans qui nous replongent pendant la seconde guerre mondiale ? Des dizaines et des dizaines, et il est donc difficile d’être surpris et d’avoir la sensation de lire quelque chose de nouveau. De plus, j’ai trouvé que ce secret de famille n’était pas vraiment approfondi, seulement évoqué de façon lointaine. Peut-être est-ce finalement une bonne chose car il devient secondaire, et ce sont d’autres sujets qui deviennent alors plus importants.

Ce roman est, en réalité, bien plus un roman sur la perte que sur les secrets. En perdant sa mère, Florence va devoir apprendre à vivre avec son absence et surtout, cela va la rapprocher de son père, alors même qu’elle a toujours eu avec ce dernier une relation conflictuelle, distante, incomprise. Se rapprocher de ce père, c’est aussi se familiariser avec sa vie, son passé, ses erreurs, ses crimes. Est-il possible d’aimer un père en faisant l’impasse sur toutes les horreurs qu’il a pu commettre ? C’est là tout le paradoxe qu’évoque l’auteur. Car quand la fin de vie arrive, tout devient finalement secondaire.

On comprend très vite que Florence a eu une vie compliquée, que ses parents ont eu sur elle un impact très fort. L’incompréhension qui a toujours été présente entre eux l’a empêchée de véritablement s’épanouir, de vivre une vie semblable aux femmes de son âge. C’est un personnage complexe et intéressant. J’aurais quand même aimé en savoir plus sur le père lui-même. On apprend peu de choses sur lui et son passé, finalement. J’ai un peu eu le sentiment que l’auteur voulait aborder plusieurs sujets : la mort, le passé, l’amour mais n’avait pas su faire des choix et avait donc laissé l’ensemble un peu inachevé. C’est un petit regret car en faisant des choix plus clairs et en développant un peu plus certains aspects de son livre, je pense que j’aurais été bien plus passionnée par le roman.

J’ai quand même été touchée par le deuil que traverse Florence, par la fin de vie de ses parents. C’est un passage de la vie douloureux, même s’il est attendu, et sans doute également un moment où l’on tire un trait sur les rancoeurs, où l’on décide que plus rien ne compte finalement. Peut-être est-ce la raison pour laquelle l’auteur n’a pas davantage exploité les autres aspects du livre, pour insister sur cela, cette volonté de quitter un être cher en plaçant son amour avant la haine et les regrets.

Pour résumer …

Les secrets de famille sont présents mais finalement très secondaires dans ce livre. C’est la fin de vie et le deuil qui sont en réalité au centre du livre et le fait de ne jamais avoir totalement les clés pour comprendre le passé du disparu, tout comme le fait d’accepter de l’aimer malgré les erreurs qu’il a pu faire, aussi impardonnables soient-elles.

Ma note : ★★★★☆☆
(13/20)

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5 réflexions au sujet de « Je n’ai jamais eu de petite robe noire • Roselyne Madelenat »

  1. Ce livre m’intriguait beaucoup et j’attendais des avis complets dessus.
    Le rapport de la protagoniste à son père est ce qui me donne envie de lire ce livre mais le manque d’originalité risque de me freiner. Je pense le lire, mais pas de suite. Merci de cet avis complet.

  2. Dommage, car la couverture et le pitch me faisaient très envie ! D’autant que je suis en générale peu inspirée par les publications d’Hugo Roman (souvent des romances plus ou moins érotiques pas bien originales…)

  3. Hum, pourquoi pas si j’en ai l’occasion… Je ne suis pas non plus totalement convaincue.
    Soit dit en passant, j’ai lu l’article car j’étais intriguée par le titre. Je suis vilaine… Je pensais au parfum avec un tel titre… xD

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