Historique

Nora ou le paradis perdu • Cécilia Samartin

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Je souhaitais découvrir depuis des années les romans de Cécilia Samartin et c’est enfin chose faite avec son tout dernier roman paru en français. Je l’avais reçu l’été dernier et même si j’ai attendu pour le lire, je ne regrette pas cette attente car elle valait totalement la peine. On peut dire sans hésitation que ce livre fut un gros coup de coeur pour moi et je vais lire les autres romans de l’auteur avec certitude. Merci beaucoup aux éditions L’Archipel et à LP Conseils pour cette lecture.

Résumé …

Cuba, 1956. Nora et Alicia, deux cousines très proches et complices, vivent une enfance heureuse et insouciante. Mais la révolution éclate, et Fidel Castro accède au pouvoir. Un climat de peur, nourri par la répression, s’installe peu à peu. Nora émigre alors aux États-Unis, laissant Alicia derrière elle, qui s’apprête à vivre des heures sombres à La Havane. Tandis que Nora, bien nostalgique de son pays natal, s’accommode peu à peu de cet environnement nouveau, Alicia subit les coups durs, dans un Cuba où la situation se détériore. Grâce aux lettres qu’elles continuent d’échanger, Nora comprend que la vie d’Alicia est devenu un enfer. Elle décide alors de retourner à la Havane pour lui venir en aide. Mais ce qu’elle va découvrir à Cuba est bien loin de tout ce qu’elle pouvait imaginer.

Mon avis …

Il me semble que Nora ou le paradis perdu est le premier roman que je lis sur Cuba. Ce roman m’a véritablement éclairé sur l’histoire récente de Cuba, sur la révolution et sur ce qu’a vécu ce peuple depuis des dizaines d’années. Ce roman est bouleversant, il m’a passionnée autant qu’il m’a révoltée. Il met en parallèle les modes de vie américains et cubains et c’est un choc de réaliser à quel point des années lumières les séparent. A quel point tout les oppose. Alors même qu’ils sont géographiquement si proches, les êtres humains ont des conditions de vie si différentes.

L’auteur écrit sur son propre pays qu’elle a quitté alors qu’elle avait quelques moins seulement. En inventant les personnages de Nora et Alicia, ces cousines aussi proches que des soeurs, elle va évoquer le déracinement et l’éloignement de familles qui sont séparées par le contexte politique de ce pays qui les oblige à fuir. Parce que Nora va partir et qu’Alicia va rester à Cuba, tout va changer, à jamais. L’une va évoluer dans un quotidien confortable, se construire une vie sans privation, tandis que l’autre va petit à petit dépérir, se battre chaque jour pour rester en vie, pour manger et pour conserver un peu de dignité. Elle va tout sacrifier pour l’homme qu’elle n’a pas le droit d’aimer et pour sa fille, que la vie frappe d’une façon si injuste et bouleversante.

Que ce soient les années qu’elles ont passées ensemble à Cuba, qui sont merveilleuses d’insouciance et qui nous font découvrir les paysages et l’ambiance incroyables de ce pays, ou toutes ces longues années de séparation qui pourtant ne vont pas réussir à faire disparaitre leur lien si fort, où elles s’échangent lettres après lettres, où elles tentent l’une et l’autre de se soutenir, de comprendre ce que l’autre vit et qui semble tellement éloigné de son propre quotidien. Tout ce que ce livre contient m’a absolument bouleversée. La dernière partie est une claque parce que tout prend un sens encore plus concret, tout devient tellement plus douloureux, il est difficile de lire ce roman sans en avoir les larmes aux yeux.

Je suis toujours très émue de lire sur le sujet du déracinement, de l’immigration. De lire sur ces personnes qui quittent leur pays, leur maison pour tout simplement pouvoir vivre libres. C’est, je crois, le coeur de ce roman. Cette sensation de ne plus être chez soi nulle part, d’avoir une partie de son coeur qui est restée ailleurs. Nora et Alicia représentent cela parce que leur séparation et l’amour qu’elles se portent conduisent à cette histoire qui nous révolte autant qu’elle nous bouleverse.

Pour résumer …

Ce livre a été un véritable coup de coeur. Il permet d’apprendre beaucoup sur Cuba, sur toutes les évolutions du pays, les espoirs de ce peuple mais aussi les nombreuses désillusions. C’est autant un livre sur la famille que sur l’immigration et le déracinement, et en cela je le crois intemporel. Sa force, c’est son humanité.

Ma note : ★★★★★★
(20/20)

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10 réflexions au sujet de « Nora ou le paradis perdu • Cécilia Samartin »

  1. Waw, voilà de quoi me replonger dans le magnifique voyage que j’ai fait à Cuba il y a quelques années. J’avais lu pas mal d’auteurs cubains hispanophones, mais je n’avais jamais entendu parler de cette auteure, et je vais très rapidement me jeter sur ce roman! Merci à toi!!!

  2. Il ne me semble pas non plus avoir lu de roman sur Cuba et en ce moment j’ai très envie d’élargir mes horizons et de lire au sujet d’autres cultures. J’aime beaucoup cet ouvrage je crois que je vais craquer…mais priorité absolue à Un parfum d’encre et de liberté, depuis que je l’ai vu en libraire, il m’obsède tant il est beau.

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