Historique

Brooklyn • Colm Tóibín

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A l’occasion de la sortie du film (d’ailleurs nominé aux Oscars), Brooklyn a été réédité avec la jolie affiche de l’adaptation cinématographique. Cela a été l’occasion parfaite pour découvrir enfin ce roman et je remercie les éditions Robert Laffont pour cette lecture.

Résumé …

Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 1950. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie : elle sera seule désormais pour s’occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l’idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l’Irlande. À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires.

Mon avis …

Je ne savais pas réellement à quoi m’attendre avec ce roman car je n’avais pas lu le résumé avant de me plonger dans cette histoire. Au coeur de ce livre, il y a Eilis et son départ de l’Irlande vers Brooklyn. Lorsque sa famille lui arrange son départ, personne ne lui demande réellement son avis et elle va donc partir, sans vraiment l’avoir souhaité, à l’autre bout du monde. Il faut dire que la vie en Irlande n’était pas idéale, le travail se faisant rare, et les Etats-Unis semblaient donc, pour toute la famille, une solution rêvée pour qu’Eilis puisse tenter sa chance. A l’époque, voyager aussi loin ne se faisait pas en un jour et la longue traversée en bateau va être assez mouvementée, et faire réaliser à Eilis à quel point elle part pour un ailleurs inconnu.

Son arrivée à Brooklyn va être difficile puisqu’il est évident que lorsque l’on quitte sa famille, sa maison pour un pays nouveau et surtout aussi lointain, il est difficile de se faire une place. Petit à petit, Eilis va remplir son quotidien de rencontres, de travail, et elle va en venir à presque oublier qu’elle a un jour été irlandaise. Elle va découvrir un mode de vie nouveau, ne ressemblant en rien à celui qu’elle connaît, et elle va peu à peu s’émanciper, se découvrir, s’accepter et prendre confiance en elle.

Ce livre est assez perturbant car on ne peut s’empêcher d’adorer Eilis, de la trouver attachante, d’aimer suivre son déracinement et son intégration au sein de ce nouveau pays. A une époque où c’était si rare, c’est assez fascinant de la voir découvrir une nouvelle vie. Pourtant, il ne se passe pas grand chose au fil du roman et j’avoue m’être attendue à un peu plus de mouvement dans l’ensemble. Egalement, j’ai trouvé Eilis très influençable et elle se laisse en permanence dicter sa vie, son quotidien, ses choix. Elle en vient à subir sa propre vie, et arrivée à la fin du roman, j’ai ressenti une énorme frustration.

On réalise qu’entre l’Irlande et Brooklyn, son coeur sera toujours partagé, et j’ai été assez triste de réaliser que son avenir serait sans doute constitué de choix raisonnés, « par défaut » plutôt que par ses véritables envies. C’est en cela qu’il est assez frustrant de refermer ce roman. Après avoir assisté à une Eilis qui s’émancipe, qui part si loin et qui découvre tant de choses, on aurait aimé qu’elle soit enfin libre, qu’elle décide enfin par elle-même, qu’elle soit peut-être en avance sur son temps finalement.

Malgré mes petites frustrations, ce roman m’a énormément plu et j’ai pris beaucoup de plaisir à le savourer page après page. Je me fais une joie de voir le film qui, je suis sure, me plaira beaucoup également.

Pour résumer …

Tout quitter et partir loin, découvrir une nouvelle culture, réinventer sa vie, s’émanciper.. Voilà tout ce que va découvrir Eilis à Brooklyn. J’ai beaucoup apprécié suivre cette jeune femme très attachante, même si j’ai souvent été frustrée par son manque d’affirmation. Bien que le roman soit assez « calme » dans l’ensemble, ce fut une lecture très intéressante et plaisante.

Ma note : ★★★★★☆
(17/20)

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20 réflexions au sujet de « Brooklyn • Colm Tóibín »

  1. J’ai vraiment adoré ce roman. C’est vrai que c’est frustrant et on aimerait parfois bousculer un peu l’héroïne, mais en même temps, ça m’a touché de la voir si jeune, si perdue, si peu sûre d’elle… J’ai aimé le film mais je l’ai trouvé encore plus frustrant car tout va très vite.

  2. J’ai commencé par le film…et vraiment j’ai hâre de retrouver le roman, tellement l’histoire m’a touché…en esperant tout de même, bien sûr, plus de réflexions et de détails, des non dit car le film, même excellent, est concis….

  3. J’ai énormément apprécié ce roman, il est magnifique, je comprends ta frustration face aux non-choix d’Eilis. Mais c’est le portrait d’une femme déchirée entre ses désirs et sa famille et conforme aux femmes de l’époque. Moi aussi j’avais envie de la pousser un petit peu. Mais je l’ai en même temps comprise. ^^

  4. J’ai vu le film avant de voir le livre et j’ai eu exactement le même sentiment. J’ai trouvé le tout génial, et en même temps un peu frustant : j’avais envie de secouer l’héroïne pour qu’elle réagisse à certains moments !
    Mais du coup j’imagine que c’est une bonne adaptation… J’espère que tu verras le film en tout cas.
    Je ne savais pas qu’il s’agissait d’une réédition !

  5. J’ai vu la bande annonce au cinéma et c’est vrai que je me suis dit  » Il faut que je lise le livre! » J’aime ce genre d’histoire et je trouve qu’en livre ça ressort mieux 🙂 Sympa ton article !

  6. Le film est très calme également … mais j’ai apprécié ! pendant tout le film, je me suis demandée quel pays elle allait choisir à la fin 🙂 il va falloir que je tente le livre !

  7. Merci pour le résumé. Quelque chose me dit que je vais aimer ce livre, étant moi-même la première génération de ma famille née sur sol français… Et que souvent la question de l’immigration m’interroge (pourquoi avoir pris une telle décision, finalement si difficile et si importante ? Mais surtout pourquoi au bout d’un moment, après avoir fait ce choix si dur, on devient incapable de prendre des décisions – moins importantes que celles d’une expatriation – et qui permettraient de vivre une vie heureuse?

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