Contemporain

Le dernier amour d’Attila Kiss • Julia Kerninon

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C’est à mon rythme que je continue ma découverte des romans publiés lors de la rentrée de janvier. Ce court roman de 120 pages a attiré mon attention et je remercie les éditions du Rouergue pour cette lecture.

Résumé …

«Par la suite, il se demanderait souvent s’il devait voir quelque chose d’extraordinaire dans leur rencontre – cette fille venant à lui sur la terrasse d’un café qui n’était même pas son préféré, qu’il ne fréquentait que rarement. Si elle était passée par là la veille, ou simplement une heure plus tôt ou plus tard, elle l’aurait manqué – il ne l’aurait jamais connue, il serait resté seul avec ses poussins et sa peinture et sa tristesse et sa dureté. Mais elle était venue, et il avait poussé doucement la lourde chaise de métal pour qu’elle puisse s’installer, et c’était comme ça que tout avait commencé.» À Budapest, Attila Kiss, 51 ans, travailleur de nuit hongrois, rencontre Theodora Babbenberg, 25 ans, riche héritière viennoise. En racontant la naissance d’un couple, Julia Kerninon déploie les mouvements de l’amour dans ses balbutiements. Car l’amour est aussi un art de la guerre, nous démontre-t-elle avec virtuosité dans son deuxième roman.

Mon avis …

En terminant le livre, son titre prend tout son sens. Ce livre est une histoire d’amour. Pas banale, pas clichée, surtout pas niaise. C’est tout le contraire en réalité. Parce que rien n’aurait pu rapprocher Attila Kiss et Theodora. Ni leur âge, ni leur origine, ni leur milieu social. Et pourtant, le hasard va créer une rencontre et cette rencontre va donner lieu à une histoire d’amour.

C’est à la fois une histoire intense, passionnée, fusionnelle et en même temps assez contradictoire, déchirée, presque remplie de haine. Il y a ces sentiments qui s’entrechoquent. C’est Attila surtout qui refuse d’accepter ses sentiment pour Theodora. Qui s’en veut de se laisser séduire par cette femme qui a la moitié de son âge, qui n’a rien vécu de sa vie, qui a aussi le malheur d’être autrichienne.

Difficile de passer au-delà de sa haine pour l’Autriche, et c’est en cela que le livre montre les tensions qui existent entre la Autriche et la Hongrie, le poids du passé qui continue de peser sur les individus. Theodora avec son insouciance, avec son compte en banque qui déborde. Theodora qui n’a pas vécu ses 50 années de galère, l’abandon de ses filles, le travail de nuit dégradant. Il y a tout un contexte qui apporte beaucoup à l’histoire.

Et pourtant, il y a cette histoire d’amour insensée que j’ai trouvée magnifique. On oublie tout ce qui les sépare pour simplement admirer ce amour absolu qui les unit. Cette passion qu’ils n’ont pas cherchée mais qui est là, entre eux. Ils ne peuvent en réalité pas lutter contre ce qui les unit.

« Toutes ces années, il avait vécu sans elle, sans même avoir connaissance de son existence, il avait dormi, mangé, marché sans elle, et à présent qu’elle était là il ne parvenait plus à comprendre comment cela avait été possible. (…) Il aurait voulu l’avoir connue quand elle était enfant, l’avoir connue tout le temps, qu’il n’y ait rien de sa vie qu’il lui ait échappé. »

Si j’ai des regrets, c’est sans doute parce que j’aurais aimé en savoir plus sur le passé de chacun des personnages. L’auteur approche le sujet sans vraiment l’approfondir pour se focaliser un peu plus sur l’histoire d’amour, or je pense qu’il aurait été intéressant d’aller plus loin dans tous ces différents aspects de l’histoire. Le roman n’en aurait eu que plus de force encore.

Je suis ravie d’avoir lu ce roman qui a été une jolie découverte pour moi. Il m’a sans doute manqué un approfondissement des personnages et de certains aspects de leurs vies mais j’ai été vraiment charmée par cette histoire d’amour qui dépasse tous les préjugés, qui existe tout simplement grâce à la force de l’amour lui-même.

Pour résumer …

Julia Kerninon décrit une histoire d’amour qui n’aurait pas dû être. Parce que tout les sépare : l’âge, le milieu social, le pays d’où ils viennent. Et pourtant, c’est une passion absolue qui va les unir. Un beau roman qui aurait pu l’être encore plus s’il avait été plus long et si on avait pu en savoir encore plus sur les personnages, leur passé et leur histoire.

Ma note : ★★★★☆☆
(14/20)

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4 réflexions au sujet de « Le dernier amour d’Attila Kiss • Julia Kerninon »

  1. Je n’en avais pas entendu parler. En lisant ton avis je me dis que cela pourrait me tenter entre deux « plus grosses » lectures. Mais c’est vrai que si le passé des personnages n’est pas assez travaillé on risque vite de finir frustrés…A voir ^^

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