Témoignage / Biographie

Nuit de septembre • Angélique Villeneuve

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Sur la couverture de ce livre, cette phrase : « Orpheline d’enfant, ça ne se dit pas. Rien dans la langue française ne dit ce que tu es. » Issue du livre. Ce livre que je souhaitais découvrir. Je remercie les éditions Grasset pour cette lecture.

Résumé …

« Tu as perdu ton fils il y a quelques semaines. Une nuit, il s’est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l’as trouvé. Alors, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s’il se souvient de ça quand tu vois des choses belles. » Par-delà la souffrance qu’elle porte en elle, Angélique Villeneuve refuse d’être réduite au statut dramatique de mère d’un suicidé. La perte est insurmontable, la douleur, définitive, mais la vie, elle, continue. Le quotidien, l’amour et le sourire. Les projets et les rencontres, les surprises et les désirs. De façon lumineuse et simple, poétique et profondément sensible, Angélique Villeneuve dit l’après : comment exister avec et sans celui dont on respecte silencieusement le choix d’être parti. Comment exister avec les autres, les vivants, comment leur dire, à travers ce livre, toute la beauté du monde ?

Mon avis …

La perte d’un enfant, sans doute le drame d’une vie. Et ces parents, dont la force me touche toujours profondément, qui écrivent pour raconter cette douleur. Ce deuil impossible. J’ai en tête ces livres de ces parents qui, chacun à leur façon, rendent hommage à leur enfant : Camille mon envolée, Wave, et tant d’autres. Je me demande toujours où ils trouvent la force pour raconter.

A l’image de ces autres témoignages, Angélique Villeneuve écrit sa perte. Elle ne raconte pas son fils, son suicide. Tout cela, elle ne pense pas pouvoir le raconter, c’était sa vie à lui. En tant que mère, elle vivait la vie de son enfant avec une distance que tous les parents subissent lorsque leurs enfants grandissent, vieillissent. Alors, elle raconte sa perte à elle. Sa douleur. La disparition impossible de son enfant.

« Lorsqu’un enfant meurt, est-on toujours sa mère, est-ce qu’un enfant perd sa mère en même temps que la vie ? Est-ce qu’un fils, tu en as encore un ? »

Elle met les mots sur sa façon de continuer à garder de lui dans son quotidien. Cette façon de se raccrocher aux dernières traces de lui, à ce qui le rendait vivant. Comme une nécessité. Elle évoque l’absence de mot pour la définir, le regard des autres face à cette perte qui la caractérisera désormais.

Je crois que ce livre était sa façon de mettre les mots sur ce qui ne peut être dit. C’est en cela qu’il est si beau. Si juste. Il n’est pas possible de « faire son deuil », d’oublier, ou même d’accepter. Il est seulement nécessaire de vivre avec. Sans voir son fils, il est toutefois possible de sentir sa présence dans les petites choses, dans les moments qu’il a connus, dans ceux qu’il ne connaîtra pas.

J’ai trouvé ce livre magnifique, j’ai été émue aux larmes par les mots d’Angélique Villeneuve, par ce « tu » qu’elle emploie pour raconter sa propre souffrance, comme si elle était extérieure à tout cela. Loin de priver le livre d’émotions, il contribue au contraire à raconter sans artifice tout l’amour de cette mère pour son fils et toute cette souffrance que tous les mots du monde pourront tenter de raconter sans jamais y parvenir vraiment.

Pour résumer …

La perte d’un enfant, l’inacceptable douleur racontée par cette mère dans ce livre plein d’émotion, plein d’amour aussi. Cette absence insupportable qui, jour après jour, jamais ne s’efface. Cette vie qui continue malgré tout, malgré ce vide laissé en elle. Un texte bouleversant de justesse et d’amour. Un très beau roman qui m’a énormément touchée.

Ma note : ★★★★★☆
(17/20)

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9 réflexions au sujet de « Nuit de septembre • Angélique Villeneuve »

  1. Deuxième billet très positif que je lis sur ce livre. Je t’avoue qu’étant jeune maman d’un petit mec, le sujet ne me fait pas envie mais vu ton billet, je pourrais quand même me laisser tenter.

  2. C’est le genre de livres que j’aime beaucoup, même s’il ne faut pas que j’en lise trop…au risque de déprimer complet !
    Un livre dans le même genre que j’ai adoré dernièrement : Lettres à l’absente, de Patrick Poivre d’Arvor, où il raconte son impuissance face à l’hospitalisation de sa fille Solenn, anorexique… Hyper poignant !

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