Contemporain

Lame de fond • Cécilia Dutter

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En ce début d’année, je découvre Cécilia Dutter. J’ai eu une très grosse déception avec Savannah Dream le mois dernier mais je tenais quand même à lui redonner une chance avec Lame de fond que je souhaitais découvrir depuis longtemps. Merci aux éditions Milady pour cette lecture dans le cadre du Prix des Lectrices 2016.

Résumé …

En voyage professionnel à Bangkok en décembre 2004, Romane, une quadragénaire, réchappe miraculeusement au tsunami qui touche le pays. En découvrant le corps d’une femme qui lui ressemble dans la forêt, elle décide de changer de vie en endossant l’identité de la morte avant de s’enfuir pour l’Australie.

Mon avis …

J’étais certaine que ce roman me plairait et je voulais d’ailleurs le lire depuis sa sortie. Je pensais que Savannah Dream m’avait déplu à cause de son sujet et de la manière dont il avait été traité mais je m’attendais avec Lame de fond à un livre aux sujets complètement différents et donc qui risquait de davantage me plaire. En réalité, les deux romans ne sont pas si éloignés, et c’est à peu près pour les mêmes raisons que Lame de fond ne m’a pas énormément convaincue. C’est quasiment une déception même si heureusement certains aspects de l’histoire ont su rattraper le reste.

La fin fait partie de ces aspects. Contrairement au roman précédent que j’ai lu de l’auteur, celle-ci m’a beaucoup plu. Je l’ai trouvée touchante et surprenante aussi. De même, j’ai aimé le dépaysement que procure ce roman. L’héroïne voyage de pays en pays, et l’exotisme se respire page après page. Il est toujours agréable de voyager pendant ses lectures et je crois que Cecilia Dutter a particulièrement réussi cet aspect-là de son roman.

Par contre, d’autres éléments du roman ne m’ont pas convaincue. Le tsunami tout d’abord. Il s’agit du point de départ de cette histoire, et pour avoir lu des romans ou des témoignages sur le sujet, pour avoir vu les images de cette catastrophe naturelle dans les médias, on réalise l’ampleur d’un tel phénomène et le traumatisme que cela doit représenter pour les personnes qui l’ont vécu. Romane se retrouve au coeur même de la vague, des vagues successives. Les descriptions sont d’ailleurs plutôt réussies puisqu’on s’y croirait avec elle. Difficile d’imaginer qu’elle puisse en ressortir vivante. Pourtant, une fois la vague passée, Romane réalise la destruction autour d’elle, les vies brisées, mais elle continue sa vie, focalisée sur cette identité qu’elle va emprunter à une femme morte dans le tsunami, et jamais dans le roman elle ne va souffrir de cette épreuve. On sent qu’il n’y a chez elle aucun traumatisme, et cela m’a semblé assez peu crédible pour quelqu’un qui a vécu cela.

Le changement d’identité m’a également un peu dérangée. J’attendais un peu plus de choses à ce sujet, et surtout j’ai eu du mal à comprendre Romane. On sait que sa vie de famille ne la rend pas spécialement heureuse et qu’elle voudrait être épanouie davantage. Pourtant, comment est-il possible de tourner la page en une seconde de tout ce que l’on a connu et surtout des personnes qui font partie de notre vie ? Pour son mari, cela m’a moins gênée, car leur vie de couple semblait depuis longtemps être un mensonge, mais sa fille …? Une mère peut-elle vraiment à ce point tirer un trait sur son enfant ? La chair de sa chair ? Alors voilà, le tsunami est pour elle le déclic, l’occasion de tout recommencer à zéro, et les raisons pour lesquelles elle le fait et surtout ce qu’elle laisse derrière elle, tout cela m’a gênée.

Au coeur de ce roman, comme pour le précédent que j’ai lu, il y a la vie conjugale, la monotonie du quotidien. C’est un thème récurent chez Cécilia Dutter, sauf que je suis assez dérangée par cette absence d’efforts des personnages pour essayer d’arranger les choses. Chez eux, toujours le même comportement : la fuite, de quelque manière que ce soit. Je trouve cela plutôt lâche en réalité, et loin d’approfondir le fond des relations conjugales, l’auteur préfère simplement faire choisir à ses personnages la recherche d’un bonheur, ailleurs.

J’ai donc un avis mitigé au regard de cette lecture. Beaucoup d’aspects m’ont dérangée, m’ont semblé même assez peu crédibles, mais l’ensemble est au final surprenant et assez intéressant car l’auteur fait en sorte d’instaurer certains rebondissements à l’histoire par le fait que Romane est perpétuellement en mouvement. J’en attendais quand même beaucoup plus dans l’ensemble.

Dernier petit point qui m’a agacé : les nombreux passages écrits volontairement par l’auteur en anglais, sans doute pour imprégner au mieux son personnage dans un pays étranger. Certes, mais une traduction n’est-elle pas possible en bas de page ? Tout le monde est-il censé comprendre l’anglais ? Je le comprends sans souci, mais je me suis mise à la place des lecteurs qui ne comprennent pas cette langue et qui auraient bien du mal à comprendre leur lecture face à des phrases entières écrites en anglais.. Ce choix de l’auteur m’a laissée dubitative.

Pour résumer …

Est-il possible de survivre à un tsunami sans traumatisme ? Difficile à croire mais c’est pourtant le cas de Romane qui se focalise sur son changement d’identité comme si elle n’avait pas vécu ce drame. J’ai trouvé cela peu crédible, et je n’ai pas compris tout ce qu’elle laissait derrière elle. Heureusement, ce livre nous offre un voyage exotique et des rebondissements qui ont su me surprendre. Une lecture toutefois mitigée dans l’ensemble.

Ma note : ★★★★☆☆
(12/20)

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3 réflexions au sujet de « Lame de fond • Cécilia Dutter »

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