Contemporain

C’est où, le Nord ? • Sarah Maeght

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Découvrir des premiers romans, c’est toujours un véritable plaisir et Albin Michel en publie généralement de très bons (dois-je citer le merveilleux Les oubliés du dimanche, de Valérie Perrin ?). J’ai donc décidé de découvrir la plume de Sarah Maeght, d’autant plus que les mots de Katherine Pancol dans la préface (et dans le résumé même du roman) donnaient très envie d’aller plus loin. Merci à Albin Michel pour la lecture de ce roman paru début avril, et merci à Carnet Parisien avec qui j’ai fait une jolie lecture commune, une nouvelle fois, qui a donné lieu à de superbes partages.

Résumé …

Si vous commencez le roman de Sarah Maeght, vous ne le lâcherez plus… Ses phrases galopent, ses mots crépitent. Elle raconte avec rage et pleine d’espoir le quotidien d’une prof, les errances d’une fille de vingt-quatre ans qui ne sait pas très bien où elle va. C’est où, le nord ? Elle l’ignore. Mais elle y va gaiement. C’est le portrait d’une génération, une photographie de la France d’aujourd’hui, un verre de grenadine avec trois doigts de désespoir et quelques substances interdites. Les jeunes s’y retrouveront, les parents qui se posent des questions aussi. Des romans comme celui-là, on les ouvre et on reste planté à tourner les pages, la langue pendante… Sarah Maeght n’a pas peur de l’émotion, elle ne triche pas, et c’est pour ça que vous allez l’adorer !

Mon avis …

Les premières lignes du roman nous font comprendre très vite que l’écriture de Sarah Maeght a quelque chose qui lui est propre. Et c’est très bon signe, pour un premier roman. Cela désigne une auteur qui a un avenir, qui va sans doute charmer ses lecteurs pendant de nombreux prochains romans, et je suis déjà impatiente de pouvoir lire son prochain.

Il y a une certaine vivacité dans l’écriture de l’auteur, et comme sa couverture, cette histoire respire la vie, la jeunesse et la liberté. Nous suivons Ella, prof de français dans un collège, dans son quotidien de parisienne nouvellement arrivée dans la capitale, qui se rend rapidement compte que sa relation amoureuse ne fonctionne plus vraiment. Son copain va la quitter, la laisser en plan à Paris, à devoir assumer seule leur appartement commun.

A partir de là, tout va changer pour Ella. Seule avec Klaus, son poisson rouge, elle a du mal à retrouver le sourire, à savoir qui elle est. J’ai trouvé que l’ensemble du roman était un peu à son image : perdue. Elle ne sait pas trop où elle va, ni même qui elle est. Il est vrai que cela est assez perturbant car on a l’impression, à partir du milieu du roman, que l’auteur ne sait plus vraiment quelle direction donner à son roman. Le comportement de Ella change radicalement, ses choix de vie et son identité elle-même sont remises en question suite à cette rupture. Il est un peu compliqué parfois de la suivre dans cette évolution si radicale.

Si le début m’avait entièrement convaincue, j’ai cependant noté plusieurs points qui m’ont un peu déçue. Tout d’abord, la vulgarité qui ressort bien trop souvent à mon goût dans l’écriture, dans les dialogues. Je trouve toujours que cela n’apporte rien à un récit, et cela s’est confirmé encore. Certes, ce livre représente la jeunesse, mais dans un roman, cela me choque toujours. Certains passages sont également un peu difficiles à croire, car ils sont des coïncidences trop grosses pour être possibles comme par exemple le voyage à l’étranger. Tout est trop soudain, trop peu crédible, à mon sens, dans ces passages. Enfin, je n’ai pas adhéré à l’intrigue qui court tout le long du roman sur ce que trouve Ella dans son casier, jour après jour, au collège. Les passages où elle enseigne sont assez rafraîchissants mais cette intrigue n’apporte rien au livre pour moi, je me suis même demandée du début à la fin pourquoi elle était dans le roman.

Alors voilà, c’est un premier roman et j’ai été charmée bien souvent, ce qui est très prometteur pour la suite, mais j’ai aussi eu des petits regrets et j’ai moins accroché à partir de la moitié du roman. Je trouve qu’Ella est une héroïne très forte, à laquelle on s’attache énormément (sans parler de son poisson hilarant!) mais le roman a manqué, à mon sens, de construction. Un fil qui permette de diriger un peu plus l’histoire sans qu’elle s’éparpille comme cela est un peu trop le cas. Malgré tout, cette lecture est une bouffée d’air frais qui fait du bien, et qui fait découvrir une écriture très libérée et réaliste, que j’ai beaucoup appréciée.

Pour résumer …

C’est vrai, vivant, d’une vivacité folle. C’est juste, aussi, même si j’aurais aimé un peu moins de vulgarité parfois. Une héroïne attachante, qui se cherche. Il m’a manqué une construction du récit, un fil conducteur, car on assiste à des remises en questions un peu soudaines et à des passages un peu trop gros pour qu’on y croit, mais le roman m’a plu. Une auteur qui promet pour la suite !

Ma note : ★★★★☆☆
(14/20)

La chronique de Carnet Parisien

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10 réflexions au sujet de « C’est où, le Nord ? • Sarah Maeght »

  1. Je suis tout à fait d’accord avec l’intégralité de ta chronique. Ceci est donc le commentaire le plus plat de toute l’existence de ton blog je crois Ahah ! Merci de m’avoir accompagnée dans ce moment de lecture ❤️

  2. Les petits points négatifs que Mélusine et toi évoquent me refroidissent un peu, je l’avoue. C’est bien dommage, parce qu’avec une préface pareille de Katherine Pancol, ça donnait hyper envie ! (et le pitch aussi, quand même).
    Je verrai si je me laisse tenter… Au moins le bon côté dans l’affaire, c’est que pour une fois tu me feras faire quelques économies, je pense attendre un peu avant de le lire !

  3. Je suis en train de le lire (Je suis plus proche de la fin que du début). Contrairement à toi j’aime bien les passages avec ses élèves. J’aurais aimé qu’il y en ait plus. Après c’est peut être parce que c’est un monde que je connais bien puisque pendant 2 ans j’ai été professeur-Documentaliste. Je n’ai pas encore fini ma lecture alors je ne peux pas plus en parler avec toi 😉 on en reparlera ensuite si tu veux. Bises et bon week-end à toi

  4. Le résumé ne me tente pas trop mais la couverture si alors je pense que je tenterai! Merci pour ton avis sincère, je n’apprécie pas la vulgarité non plus dans un roman…

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