Historique

Le dernier des nôtres • Adélaïde de Clermont-Tonnerre

13873156_1020116774773920_4843993365212998081_n

Quand on décide de lire des romans de la rentrée littéraire, il faut faire des choix. Parce que parmi 560 parutions, on ne peut pas tout lire. J’ai repéré Le dernier des nôtres suite aux excellents premiers avis de libraires et de blogueurs que j’avais vu circuler à son sujet, et également parce que son sujet, la seconde guerre mondiale, me parlait évidemment. Merci à Grasset pour m’avoir permis de découvrir ce roman avant sa sortie et pour me donner la possibilité de vous en parler aujourd’hui. Le roman sera en librairie le 17 août 2106.

Résumé …

« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme. Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d’un petit garçon. Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant… Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.

Mon avis …

J’avais beaucoup d’attentes concernant ce roman parce que j’étais persuadée que j’allais beaucoup l’aimer. Seulement, mon avis est au final un peu plus mitigé que prévu. Le récit alterne entre deux époques, 1945 et 1969. On comprend très vite le lien entre les deux : Werner. Cet homme qui rencontre la femme de sa vie en 1969, à Manhattan, et ce nouveau-né qui sort vivant des décombres de la guerre en 1945. Il s’agit du même homme, au centre de cette histoire.

Cependant, le fil conducteur entre les deux époques a été trop faible. Pendant 300 pages, on ne comprend pas réellement ce qui rapproche les deux parties de ce récit, même si on imagine qu’il s’agit des origines de Werner qui sont en jeu. J’aurais aimé que le récit soit ponctué de davantage d’informations et surtout que ces deux époques ne semblent pas si fondamentalement éloignées, différentes. Je n’arrivais pas à sentir une alternance fluide, un naturel en passant d’une époque à l’autre. Comme si le récit était coupé plutôt que lié.

Mon autre problème a été le manque d’attachement aux personnages. A ma grand surprise, je n’ai pas su m’intéresser réellement aux passages sur la seconde guerre mondiale, sans doute à cause de cette fragmentation du récit. Les passages à Manhattan, quant à eux, étaient un peu plus captivants avec cette histoire d’amour naissante entre Werner et Rebecca, ce coup de foudre qui va les surprendre. Malheureusement, je n’ai jamais réussi à apprécier ce personnage féminin et cela m’a posé des problèmes dans ma lecture, même si j’ai été très surprise par une certaine révélation la concernant au bout de 300 pages.

A partir de là, je peux dire que mon intérêt pour le récit a vraiment été réveillé. Tout le roman prend un sens nouveau et on comprend tout ce qui voulait nous être révélé jusqu’alors. J’ai beaucoup aimé la fin du roman, que j’ai trouvé très belle et touchante. L’ensemble de l’histoire en devient soudainement tragiquement belle. Je regrette seulement de n’avoir pas réussi à être intéressée par cette histoire sur toute sa durée et dans tous ses aspects et que le récit ait été si coupé, m’empêchant de le lire avec fluidité.

C’est tout à la fois un roman sur la guerre, la culpabilité, la vengeance, le passé, l’amour, le désir. Tous ces sujets sont passionnants et l’histoire l’est également. J’ai trouvé qu’il était d’ailleurs d’une excellente qualité dans l’écriture, c’est plutôt la construction de l’histoire qui m’a gênée pour l’apprécier à sa juste valeur.

Pour résumer …

Il s’agit d’un roman que l’on referme en réalisant sa beauté et l’émotion qu’il contient. Cependant, pendant toute sa durée, j’ai été difficilement captivée car l’auteur n’a pas su m’intéresser à certains aspects de l’histoire, le récit est un peu trop fractionné et je n’ai pas apprécié certains personnages. Malgré tout, au bout de 300 pages, une révélation réveille forcément l’intérêt du lecteur.

Ma note : ★★★★☆☆
(13/20)

Advertisements

18 réflexions au sujet de « Le dernier des nôtres • Adélaïde de Clermont-Tonnerre »

  1. Ton article me refroidit quelque peu car je l’avais noté également comme un livre que j’attendais pour cette rentrée … Alors, je vais attendre d’autres avis;

  2. J’aime les romans de destins croisés, ça me rappelle celui de Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah qui m’avait énormément touché. Comme toi j’aime les romans sur la seconde guerre mondiale, je pense que je le lirai, pour me faire ma propre opinion mais dans quelques mois, histoire d’avoir un peu plus de recul.

  3. Pardon mais je ne suis pas du tout d’accord avec vous.
    Ce livre est magnifique, dans la droite ligne de « fourrure ».
    Epique, drole et bouleversant avec des personnages complexes et attachants.
    C’est rare d’être confronté à une histoire avec autant de souffle !

  4. Chère myprettybooks,
    Un mot pour vous remercier d’avoir pris le temps de lire « le dernier des nôtres » dans cette rentrée très chargée . Je suis bien désolée que vous n’ayez pas « accroché » avec certains personnages ( d’autant que pour moi ils sont vraiment devenus des amis) , mais je suis touchée par les choses gentilles que vous dites également dans votre critique.
    Une très belle soirée à vous!

    1. Merci beaucoup Adélaïde d’être passée me lire. Ce fut malgré tout un plaisir pour moi que de découvrir vos personnages et votre histoire et j’en garderai un beau souvenir malgré les petits points négatifs que je soulève. Je vous souhaite le meilleur pour cette parution et plein de prochains romans à publier dans le futur 🙂

  5. Même si ton avis est mitigée, je garde la folle envie de le lire. Car les points positifs que tu dégages sont tout à fait ce que je recherche. Je note qu’il faudra peut être s’accrocher pour aimer les personnages mais c’est comme dans la vraie vie : on ne peut pas être amis avec tout le monde 🙂 Merci de cette chronique et même si c’est un 13, je le veux toujours :p

  6. Je viens de terminer ce livre et je regardais ton avis pour comparer… On a pas eu les mêmes sensations car pour moi ce livre est un coup de cœur. Et les deux époques sont éloignées pour mieux se rejoindre et nous surprendre. Je me suis laissée aller à lire/vivre ce livre et ce fut un moment magnifique. La fin est inattendue et c’est jusqu’au bout que j’ai été épatée par cette écrivaine. J’ai vu que son dernier livre datait de 2010 et je me suis dit que l’attente serait terrible jusqu’au prochain. Je t’envie que Mademoiselle de Clermont Tonnerre t’ai écrit 😉 J’aime beaucoup ton blog, continue encore longtemps !!!

  7. Un peu du même avis que toi. J’ai eu du mal à être emportée par la première moitié du livre. Par contre, la seconde partie du livre est vraiment plus sympa quand toutes les pièces du puzzle viennent s’assembler

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s