Historique

Le train des orphelins • Christina Baker Kline

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Quand il est sorti, il y a tout juste un an, j’ai eu très envie de lire Le train des orphelins. Et puis, le temps a passé, et il a trainé dans ma bibliothèque plusieurs mois, mais l’envie de le lire était toujours là. Je remercie les éditions Belfond pour la lecture de ce superbe roman.

Résumé …

Entre 1854 et 1929, des trains sillonnaient les plaines du Midwest avec à leur bord des centaines d’orphelins. Au bout du voyage, la chance pour quelques-uns d’être accueillis dans une famille aimante, mais pour beaucoup d’autres une vie de labeur, ou de servitude. Vivian Daly n’avait que neuf ans lorsqu’on l’a mise dans un de ces trains. Elle vit aujourd’hui ses vieux jours dans une bourgade tranquille du Maine, son lourd passé relégué dans de grandes malles au grenier. Jusqu’à l’arrivée de Molly, dix-sept ans, sommée par le juge de nettoyer le grenier de Mme Daly, en guise de travaux d’intérêt général. Et contre toute attente, entre l’ado rebelle et la vieille dame se noue une amitié improbable. C’est qu’au fond, ces deux-là ont beaucoup plus en commun qu’il n’y paraît, à commencer par une enfance dévastée…

Mon avis …

Le temps passe et mon goût pour les romans historiques est de plus en plus présent. Le train des orphelins avait vraiment tout pour me plaire avec cette rencontre entre une adolescente et une dame âgée qui va lui offrir ses souvenirs. Les échanges intergénérationnels sont toujours passionnants, car les personnes ayant vécu si longtemps ont toujours tant à raconter que ce sont bien souvent des romans qui me marquent.

Avec ce roman, Christina Baker Kline a décidé de mettre en lumière un pan méconnu de l’Histoire américaine, à savoir le mouvement des trains d’orphelins qui ont transporté plus de 200 000 enfants à la recherche d’un foyer de la côté Est des Etats-Unis jusqu’au Midwest entre 1854 et 1929. A la fin du roman, l’auteur explique sa démarche, ses recherches, et les précieux témoignages de survivants qui l’ont aidé à représenter au mieux ce qu’ils ont vécu.

Le personnage de Vivian est donc une trace de ce passé, de ces enfants qui, orphelins, ont été envoyés dans ces trains où, à chaque arrêt, ils étaient potentiellement destinés à être « choisis » par des familles. L’espoir était bien sûr celui d’être adopté, aimé, intégré dans une famille, dans un foyer. Mais bien souvent, ces enfants étaient utilisés pour les tâches ingrates, pour travailler, pour servir les familles d’une façon ou d’une autre.

Quand Molly rencontre Vivian, chez qui elle doit effectuer des travaux d’intérêt général en l’aidant à ranger son grenier, elle ne se doute pas que cette vieille dame a une histoire si peu commune et si difficile. Vivian a vécu beaucoup de choses, a changé bien souvent de foyer, de maison. Elle n’a pas toujours eu chaud, mangé à sa faim, eu de chambre ou de vêtements convenables à porter. Suivre les péripéties de l’enfance de ce personnage m’a bouleversée. D’autant plus lorsque l’on sait qu’elles sont inspirées de faits réels.

« C’est donc dans la nature humaine de croire qu’il y a une raison à toutes choses et de se dire que même les pires expériences ont une signification, si insignifiante soit-elle ? »

Par alternance de chapitres, on découvre donc la vie de Vivian et celle de Molly. Les deux peuvent en effet être mises en parallèle puisque Molly est elle aussi dans un foyer d’accueil et a toujours eu du mal à trouver sa place. Ces deux femmes représentent ces enfants qui sont baladés de foyer en foyer, sans jamais être réellement acceptés. La rencontre entre ces deux personnages est donc d’autant plus intéressante qu’elles se comprennent très rapidement. Quelque chose les lie. Quelque chose que ne peuvent comprendre que des personnes qui ont vécu l’abandon.

J’ai énormément aimé ce roman, il a su me captiver, me toucher profondément aussi. La fin m’a énormément émue et il est vrai que j’ai beaucoup de mal à rester insensible face à ce genre de récit. Ces histoires qui nous montrent aussi comme le temps passe et comme deux personnes peuvent être séparées par la vie, et ne jamais se retrouver, ou alors se retrouver et avoir tant manqué de la vie de l’autre. Il y a quelque chose de profondément injuste en cela. C’est un sublime roman que je vous conseille de tout coeur.

Pour résumer …

Christina Baker Cline nous offre un roman dévoilant un aspect méconnu de l’Histoire américaine avec ces trains d’orphelins qui étaient l’espoir d’un foyer et d’une nouvelle famille pour ces enfants privés de leurs parents. Un récit bouleversant avec deux personnages très forts et une lecture qui m’a énormément touchée.

Ma note : ★★★★★★
(18/20)

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11 réflexions au sujet de « Le train des orphelins • Christina Baker Kline »

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