Interviews d'auteurs

INTERVIEW • Quelques questions à Sylvia Lott

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J’ai pu lire il y a quelques temps La pâtissière de Long Island, un roman qui fut une très belle surprise. J’ai souhaité en savoir plus sur son auteur et j’ai eu la possibilité de l’interviewer pour le blog. Merci à elle pour son temps et sa gentillesse.

• SYLVIA LOTT •

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Originaire de Frise orientale, Sylvia Lott est journaliste free-lance pour des magazines féminins, de voyages et d’art de vivre. Elle est l’auteur de quatre romans.

• INTERVIEW •

L’interview a été réalisé en anglais (pour les questions) et en allemand (pour les réponses). Un grand merci à ma maman pour la traduction des réponses de l’auteur.

1- La pâtissière de Long Island a été publié en français il y a quelques semaines aux éditions Piranha. Comment vous sentez-vous à cet égard ? Le livre a-t-il déjà été publié dans beaucoup de pays différents ?
C’est ma première publication étrangère et j’en suis ravie. En France et en plus aux éditions Piranha qui publient de grands auteurs, cela est magnifique ! J’étais hier à Hambourg pour une lecture de mon nouveau roman « La femme de l’île » et j’avais justement emmené l’édition française du roman. J’étais très fière de présenter au public la couverture si réussie de « La pâtissière de Long Island ».

2- Je trouve la couverture française du roman vraiment très jolie. L’avez-vous personnellement choisie ? L’aimez-vous également ? Pensez-vous qu’elle représente bien l’histoire du livre ?
Je suis totalement amoureuse de cette magnifique couverture. Je n’ai pas souhaité participer à sa conception car cela ne m’intéressait pas spécialement mais je trouve que Piranha a réussi parfaitement. Jamais jusque là je n’ai été aussi comblée d’une couverture. Elle est ravissante, simple et douce à la fois, mais pas si douce cependant car remplie d’une certaine nostalgie. La sérénité et l’esthétique correspondent parfaitement à mon ressenti sur le thème du livre.

3- La pâtisserie est très importante dans le roman et plus particulièrement le cheesecake. Pourquoi avez-vous choisi cette pâtisserie en particulier ? Pendant ma lecture, j’avais envie d’en manger un morceau ! Aimez-vous faire des gâteaux ?
Durant mon séjour de presse effectué en Tasmanie en tant que voyage journalistique, j’ai découvert le « Cheesecake New York Style ». Ce fut pour moi une sorte d’expérience de renaissance culinaire. Les cheesecake peuvent être tellement bons ! Crémeux, doux, avec un soupçon de citron. Il est bien différent de celui que l’on nous sert en Allemagne en guise de Cheesecake, à savoir avec un goût relevant plus du fromage blanc et un peu acide. Avec mon compagnon, un ingénieur, j’ai essayé plusieurs recettes durant des années et j’en ai fait différents essais à titres d’expérience. Lui s’employait à la pratique en cuisinant, et moi à la théorie (acheter les ingrédients et tester les résultats). A vrai dire, je peux très bien réaliser le cheesecake de New York mais je préfére laisser cuisiner les autres et déguster ensuite tout simplement.

4- Dans le roman, Marie raconte sa vie à Rona et nous vivons les années 30 avec elle, quand elle est arrivée en Amérique. Pourquoi avoir choisi d’écrire sur cette période historique et sur l’immigration ?
Pour l’inspiration, je dois remercier mon historique familial. Cinq frères et soeurs de mon grand-père ont émigré de la Frise Orientale vers l’Amérique entre les deux guerres mondiales. Ma grand-tante Marie (qui est un peu le prototype de Marie dans mon roman) s’était éprise de l’instituteur du village, lequel, aux yeux de mon arrière grand-père, adhérait à la mauvaise religion. Pour cette raison, elle dût émigrer. Tous les frères et soeurs envoyaient régulièrement par courrier des lettres et des photos d’Amérique. Mon grand-père était le plus jeune. Il resta en Allemagne et habita la maison parentale. D’aussi loin que je puisse m’en souvenir, étaient accrochées aux murs du couloir des photos de famille de New York et de Long Island. Déjà toute petite, ces images me fascinaient. Les jolies femmes portaient du rouge à lèvres, de magnifiques vêtements et les hommes posaient devant de grosses voitures. En arrière plan, on apercevait de belles maisons en bois avec des vérandas. Pour moi, cela représentait Hollywood ! Le grand monde Lointain !

« A-t-on du nouveau des américains ? » était l’éternelle première question de mes grands-parents lorsque nous leur rendions visite. Alors, nous lisions les lettres les plus récentes et montrions les photos. Je fantasmais à l’idée de penser que l’on pouvait tout simplement partir et aller chercher fortune. En revanche, mon grand-père et ses frères qui avaient émigré vers les USA durent se battre les uns contre les autres durant la seconde guerre mondiale. Plus tard, durant mon doctorat, je me suis intéressée aux magazines de femmes de la période du IIIème Reich. Cette époque est riche en conflits et émouvante, elle me fascine toujours autant et dans de nombreux domaines.

5- Rona apprend beaucoup de Marie, pensez-vous que sa rencontre avec elle a changé la vie de Rona ?
Oui, tout à fait.

6- Pendant que l’on lit votre roman, on a l’impression de vivre un voyage à New York. Avez-vous visité la ville pendant que vous écriviez le roman ?
Je suis allée auparavant quelques fois là-bas en tant que journaliste et aussi en voyage personnel afin de rendre visite à ma famille qui vit principalement à Long Island.

7- Le roman évoque l’amour et la force qu’il peut avoir. Mais c’est aussi un roman sur le fait de grandir. Pensez-vous que la vie de Marie aurait été différente si elle n’était pas venue à New York ?
C’est une très bonne question à laquelle j’ai réfléchi longuement. Je crois même qu’elle est une de mes questions-clés. C’est pour cette raison que mes livres tournent autour de la question : « Comment aurais-je été en d’autres circonstances ? Serais-je quelqu’un d’autre ? ». Je crois que « l’esprit du lieu » joue un rôle important. Si l’on a deux plantes identiques et si on les plante dans deux terres différentes, si on les fertilise chacune de façon différente, alors elles se développeront de façon différente. Je pense par exemple que Marie n’aurait pas développé son potentiel si elle était restée en Frise Orientale. Elle serait certainement devenue une gentille épouse d’instituteur, rien de plus. Bien que je sois étonnée qu’à une échelle modeste, une vie heureuse puisse être réussie seulement par le fait d’avancer de façon si positive et ouverte. L’essentiel de l’homme reste probablement le même. Mais je n’en suis quand même pas tout à fait sûre, car tout peut arriver en fonction de certaines circonstances. Voilà, tu vois, je n’ai pas complètement fait le tour de cette question … Je vais devoir volontiers écrire encore quelques romans supplémentaires.

8- Lisez-vous beaucoup ? Quels sont vos genres de romans préférés ?
Malheureusement, je n’arrive pas à lire en ce moment comme je le souhaiterais. Le recherche concernant mon nouveau roman est très intense. J’aime tout ce qui est intéressant : fiction, archives, biographies, poésie..

9- Avez-vous écrit d’autres romans ? Etes-vous en train d’en écrire un nouveau actuellement ?
Quatre de mes romans ont déjà été édités chez Blanvalet (en Allemagne). En avril, est sorti « La femme de l’île » qui a aussitôt intégré la liste des Bestsellers en atteignant la 7ème position. Les deux autres romans s’appellent « La rose de Darjeeling » qui raconte un grand amour des années 30 entre un éleveur de rhododendron et la fille d’un propriétaire de plantations de thé dans le Darjeeling ; et l’autre roman a pour personnage principal une jeune femme de la région de Hunsrück qui, en 1832, par ses propres moyens, en partant d’Allemagne, va rejoindre son amoureux dans la jungle brésilienne. Ce livre raconte la première colonisation de l’Allemagne au sud du Brésil, ainsi que la découverture d’une grosse production de bijoux et d’un mystérieux collier en améthyste. Actuellement, je travaille intensément sur mon roman qui doit à nouveau paraître chez Blanvalet l’année prochaine.

10- Aimeriez-vous voir vos romans adaptés au cinéma ?
Naturellement ! Même si parfois on dit que l’adaptation déçoit l’auteur. Je crois que je trouverais cela fantastique.

Merci à Sylvia Lott !

La pâtissière de Long Island est toujours disponible aux éditions Piranha.

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7 réflexions au sujet de « INTERVIEW • Quelques questions à Sylvia Lott »

  1. Déjà que je voulais lire son livre, là…ENCORE PLUS !
    Il faudrait que je le trouve d’occasion, mais j’ai déjà tellement de livres qui m’attendent, je sais pas si c’est l’idée du siècle !
    En tout cas j’espère que Piranha traduira ses autres romans, l’histoire de fleurs et de Darjeeling je sais pas toi mais ça me tente bien ! (et je ne suis pas assez bonne en allemand pour pouvoir les lire en VO)

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