Contemporain

Si la lune éclaire nos pas • Nadia Hashimi

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Parmi mes romans préférés, il y a La perle et la coquille, de Nadia Hashimi. Une auteur que j’ai découverte en 2015 et pour laquelle j’ai eu une véritable révélation. J’ai d’ailleurs interviewé l’auteur sur le blog il y a quelques mois. La sortie de Si la lune éclaire nos pas a été pour moi une joie immense et sa lecture, une évidence. Merci à Milady pour la lecture de ce roman.

Résumé …

Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

Mon avis …

Lire un roman de Nadia Hashimi, c’est un peu comme retrouver ce que j’aime tant dans les romans de mon auteur favori : Khaled Hosseini. Les deux auteurs ont de nombreux points communs et je peux vous assurer avec certitude que si vous aimez les romans de l’un, vous aimerez tout autant ceux de l’autre. Ils sont faits du même esprit : celui de nous ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure et sur la culture afghane plus précisément. De prendre conscience de la transformation du pays, des conditions de vie pour ses habitants et des privations dont ils sont victimes. C’est les raisons pour lesquelles je suis très attachée à ce genre de romans. J’ai le sentiment qu’ils m’apportent beaucoup et qu’ils me changent, d’une certaine façon. Dès les premières lignes, j’ai su que Si la lune éclaire nos pas serait un coup de coeur. Quand bien même j’avais adoré La perle et la coquille, je n’avais aucun doute sur le fait que j’aimerais tout autant les autres romans de l’auteur. Il y a tout simplement des écrivains qui parlent à notre coeur, à notre âme. Nadia Hashimi en fait partie me concernant.

Le sujet des réfugiés me touche très profondément depuis plusieurs années. Je suis atterrée de ce monde dans lequel nous vivons et il m’est difficile de concevoir que certains naissent avec la chance de vivre en paix tandis que d’autres doivent lutter pour leur liberté et leur sécurité. Difficile d’admettre que certains (dont je fais partie) sont privilégiés parce qu’ils ont eu la chance de naître « au bon endroit ». Alors évidemment, ce roman avait tout pour me plaire, pour me bouleverser. Avec la famille de Fereiba, nous découvrons le quotidien en Afghanistan, les mariages arrangés, l’arrivée progressive des talibans et puis les bombes qui sont de plus en plus nombreuses. La guerre change les vies, les choix que l’on fait. Elle modifie le sens des priorités.

« Les haines ne meurent pas, les gens si. »

J’ai été passionnée par ce récit du début jusqu’à la fin. Il est sans aucun répit et nous laisse espérer sans arrêt que tout s’arrangera. Comme le titre l’évoque, les personnages du roman ne savent pas de quoi leur lendemain sera fait et avancent dans le noir, pas après pas. Les douleurs sont nombreuses, les déceptions aussi. Lorsqu’ils vont être contraints à l’exil, ils vont réaliser que la vie de réfugié n’est faite que de désillusions. Qu’en pensant quitter l’horreur pour la paix, la liberté, la dignité, ils sont au contraire confrontés au rejet et sont alors obligés de se cacher, de tenter de survivre à chaque jour qui passe souvent sans papier, sans logement, sans nourriture et sans argent. Sur leur chemin long et difficile, ils vont croiser la route de personnes qui les aideront. Qui par de petites choses changeront la donne. Leur permettront de manger, de dormir au chaud, de ne plus se sentir seuls. Et pourtant, ce qu’ils vont vivre est si terrifiant et douloureux que j’ai pleuré page après page. C’est aussi ce qui fait la force de ce roman : il n’embellit rien.

« Chacun a sa façon de dire au revoir, surtout quand cet au revoir est un adieu. »

Avec plus de 500 pages, Nadia Hashimi m’a plongé dans la peau de réfugiés, m’a fait comprendre ce qu’est réellement le quotidien de ces personnes qui quittent leurs pays et tentent de traverser frontière après frontière pour essayer d’atteindre un pays d’accueil où ils pourront travailler. Par toutes les étapes de ce voyage que cette famille entreprend, elle nous permet de réellement cerner les enjeux de l’immigration clandestine, les camps de réfugiés, les moyens par lesquels il est possible de traverser une frontière. Il y a une humanité immense dans ce texte et j’ai été très touchée par tous les personnages de ce roman. Pays après pays, on se rend compte que les difficultés se ressemblent bien souvent et que les portes se ferment les unes après les autres. Que si passer une frontière est pour nous une évidence et une facilité, cela est pour d’autres un véritable combat, au péril de leurs vies.

Ce livre est un déchirement permanent. Il est inimaginable de vivre dans la peur en permanence, de devoir quitter son chez-soi, sa famille, ses amis. De devoir se cacher pour seulement être autorisé à vivre. Alors voilà, après avoir lu ce roman, on voit la vie différemment. On prend conscience du confort de sa propre situation, on apprend à se mettre à la place de personnes qui ont des vies à l’opposée des nôtres. On réalise encore un peu plus leur courage, leur force, leur désespoir. J’ai l’impression que ce roman a changé la personne que je suis et la perception que j’ai de la vie. C’est un roman éprouvant qui marque nos vies à jamais.

Pour résumer …

Un immense coup de coeur pour ce roman qui nous fait prendre conscience du quotidien des exilés qui quittent tout ce qu’ils ont et connaissent pour espérer une vie meilleure. Il est déchirant d’assister à leur combat permanent pour la liberté face à des frontières qui se referment et à des pays qui les rejettent. Un livre qui change notre perception des choses et qui nous marque à jamais.

Ma note : ★★★★★★
(20/20)

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14 réflexions au sujet de « Si la lune éclaire nos pas • Nadia Hashimi »

  1. Coucou, un de mes achats prioritaires. Je n’ai encore pas lu La perle et la coquille qui est dans ma bibliothèque depuis 1 an, mais j’ai hâte de découvrir cette auteure, ainsi que Khaled Hosseini, dont j’ai tous les romans. Superbe chronique comme d’habitude. Bisous

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