Jeunesse

Le jour où je suis partie • Charlotte Bousquet

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Charlotte Bousquet est une auteur que j’ai déjà lue avec Fanny que je n’avais pas aimé, mais aussi avec son roman Là où tombe les anges, résolument féministe mais également historique qui m’avait beaucoup plu. J’ai pu rencontrer l’auteur au Salon de Montreuil il y a quelques semaines et j’avais beaucoup aimé sa façon de parler de son écriture et de ses engagements. En apprenant la sortie de son nouveau roman, également engagé pour la cause des femmes, j’ai bien évidemment souhaité le lire. Merci à Flammarion Jeunesse pour cette lecture. Il s’agit donc de ma troisième lecture d’un roman de l’auteur.

Résumé …

S’opposant à la volonté de son père qui veut la marier, Tidir s’engage auprès d’un groupe de femmes à Rabat, au Maroc, qui se battent pour leur émancipation et leur liberté.

Mon avis …

Le sujet de ce roman avait vraiment tout pour me plaire car je suis moi-même très intéressée par la condition de la femme dans le monde et ce sont généralement des romans qui me touchent beaucoup. Je ne pense pas avoir déjà lu sur les femmes marocaines et j’ai trouvé cette lecture très intéressante en cela. Nous rencontrons Tidir, une jeune fille vivant dans un petit village marocain, perdu au milieu de nulle part. Là-bas, les traditions sont ancrées et la place de la femme est bien définie. Après avoir assisté au suicide d’une de ses amies, mariée de force à un homme qu’elle n’a pas choisi, Tidir va à son tour faire l’objet d’un mariage arrangé. Cette jeune fille a un caractère affirmé et est bien décidée à ne pas se voir imposer son avenir. Quand elle surprend, à la télévision, un reportage sur une manifestation organisée à Rabat pour la journée internationale des droits de la femme, elle décide de s’y rendre.

C’est donc le périple de Tidir que nous allons suivre. Seule, avec seulement son sac à dos, elle va traverser le Maroc à pieds pour rejoindre ces femmes et, ensemble, protester contre leur condition. Se battre pour le respect de leurs droits. Il y a dans ce roman une véritable dénonciation de ce que subissent les femmes au Maroc mais également dans d’autres pays du monde. Tidir décrit notamment les traditions dans lesquelles elle a grandi, la place qu’elle occupait par rapport à ses frères. Mais c’est surtout toute une société qui nous est décrite, où les femmes n’ont pas le droit d’entrer dans un café sauf si elles sont occidentales, où une femme agressée sera pointée du doigt en raison de sa tenue vestimentaire où du lieu « inapproprié » où elle se trouvait à ce moment-là, ce qui justifiera toujours ce qu’elle a subi. Où les hommes ne sont jamais punis pour leurs actes. Tout cela est révoltant et c’est un aspect du roman qui a beaucoup résonné en moi.

Sur sa route, Tidir va faire des rencontres. Certaines vont l’aider quand d’autres vont sans cesse essayer de lui rappeler qu’elle est sa place. La rencontre la plus touchante est sans doute celle avec un chien errant. Entre eux, un lien unique et très fort va se créer et j’ai trouvé qu’il y avait en cela beaucoup d’émotions. J’ai cependant été moins convaincue par le déroulé des évènements au sein du roman. Je crois que le livre était trop court pour évoquer tout ce que Tidir vit et traverse. Que ce soit son quotidien avant son départ ou même le long voyage qu’elle entreprend, j’ai eu le sentiment que tout était décrit de façon beaucoup trop rapide. Il m’a semblé même peu crédible que cette jeune fille réussisse si facilement à se rendre à Rabat, seule et à pieds. Je crois que le roman aurait gagné en réalisme s’il avait été plus creusé dans l’ensemble des étapes qu’il nous propose.

J’ai donc souvent été un peu extérieure à l’histoire et je n’ai pas ressenti d’émotions fortes alors même que le sujet était pour moi acquis, c’est-à-dire que je n’avais aucun doute quant au fait qu’il me toucherait. C’est donc un roman qui aurait très bien pu être une excellente lecture mais il m’a manqué quelque chose pour le rendre marquant.

Pour résumer …

Un roman résolument engagé qui dénonce le quotidien et le traitement des femmes au sein de la société marocaine. Une héroïne qui souhaite changer les choses alors qu’elle ne part de rien et un récit touchant mais j’ai eu la sensation que l’auteur n’avait pas été assez loin dans sa description des évènements. Il m’a manqué des émotions fortes et un approfondissement général de l’histoire.

Ma note : ★★★★☆☆
(13/20)

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7 réflexions au sujet de « Le jour où je suis partie • Charlotte Bousquet »

  1. J’ai beaucoup aimé pour ma part. Je comprends ce que tu veux dire mais ayant lu d’autres livres sur le même sujet en visant un public plus adulte je ne m’attendais pas à cela avec ce roman. Je savais que l’ensemble du livre ne serait pas (trop?) approfondi car il s’agit d’un roman jeunesse. Une entrée en matière pour ce sujet et la relation entre Tidir et le chien est effectivement très touchante.

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