Contemporain

J’ai toujours cette musique dans la tête • Agnès Martin-Lugand

Parce que j’aime beaucoup cette auteur, que ce soit humainement ou pour ses histoires, je suis chaque année présente lorsque sort son nouveau roman. Je tiens d’ailleurs à la remercier, ainsi que les éditions Michel Lafon, de m’envoyer ces romans dédicacés, ils me sont précieux.

Résumé …

Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin. Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

Mon avis …

J’ai retrouvé beaucoup d’aspects communs aux précédents romans de l’auteur dans ce nouveau livre : le couple, la vie professionnelle, la vie de famille, la manipulation. Toutefois, le changement principal cette fois-ci est le point de vue masculin qui prend une place très importante. En effet, bien que l’auteur mette un couple au centre de son roman, c’est véritablement Yanis qui est au coeur de l’histoire. Ce dernier va en effet décider de changer radicalement de vie professionnelle en se mettant à son compte et cela va avoir des impacts douloureux sur sa vie familiale et sur son couple. Sans doute ai-je eu plus de difficulté à me sentir proche de Yanis que de Véra et cela a contribué aussi, je crois, à ce que l’histoire me touche moins.

Agnès Martin-Lugand intègre un autre personnage dans son roman : celui de Tristan. Pendant tout le roman, j’ai regretté sa présence permanente qui perturbe selon moi l’évolution de l’histoire et notre attachement aux personnages. C’est comme s’il prenait finalement toute la place. Cela s’explique mais je l’ai regretté. Il est difficile à cerner et pourtant, un malaise nous saisit pendant tous les passages le concernant. Comme si son intrusion dans leur vie était trop soudaine, sa présence exagérée. Ce malaise m’a rappelé l’influence d’un certain personnage dans Entre mes mains le bonheur se faufile, et je crois que ce qu’ils incarnent l’un et l’autre est assez semblable.

Concernant Véra et Yanis, le couple au coeur du roman, une nouvelle fois, les personnages de l’auteur sont donc loin d’être parfaits et c’est ce qui me plait aussi : leur vulnérabilité et leur capacité à faillir parfois. Cela nous caractérise tous à mon avis, puisque dans certaines situations, nous sommes plus faibles et ce sont ces moments-là qui intéressent l’auteur, dans chacun de ses romans. Comment réussir à surmonter les épreuves de la vie, les échecs et les doutes ? Il ne faut donc pas être surpris par la facilité avec laquelle on réussit à s’identifier à ses personnages puisqu’elle écrit sur ce qui nous ressemble, sur nos vies et nos tracas quotidiens. Ce qui fait la force de ces personnages, c’est l’amour qu’ils se portent et j’ai trouvé très belle la façon avec laquelle elle raconte leur amour. Comme si rien ne pouvait l’atteindre. Pourtant, même les plus forts peuvent être affaiblis, c’est ce qui nous rend humain.

Dans l’ensemble, même si j’ai beaucoup aimé Véra et que je me suis également attachée à Yanis, je n’ai donc pas vraiment adhéré aux choix faits par l’auteur cette fois-ci. Je n’ai pas toujours été intéressée par l’évolution de l’histoire et je n’ai pas retrouvé la sensibilité présente dans ses romans précédents. Je suis sans aucun doute plus touchée quand elle écrit davantage sur les sentiments féminins. J’ai donc été moins convaincue par ce roman qui m’a moins passionnée et moins touchée mais je serai bien sûr au rendez-vous pour le prochain car je reste très sensible aux histoires de l’auteur et je suis toujours curieuse de découvrir ses nouveaux personnages qui réussissent toujours à faire partie de nos vies, d’une façon ou d’une autre.

Pour résumer …

Pour la première fois, Agnès Martin-Lugand place le couple et un homme au coeur d’un roman, je crois que c’est la raison pour laquelle j’ai été moins sensible à l’histoire ainsi qu’au sujet, très porté sur l’activité professionnelle de ce dernier et son impact dans leur vie familiale.

Ma note : ★★★☆☆☆
(11/20)

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3 réflexions au sujet de « J’ai toujours cette musique dans la tête • Agnès Martin-Lugand »

  1. J’avais eu une petite déception lors de la lecture de son précédent roman, du coup je n’ai pas acheté celui-ci… J’ai un peu de mal avec le style d’écriture, et le côté prévisible de l’histoire. J’avais pourtant beaucoup aimé Les gens heureux lisent et boivent du café ! 🙂

  2. Je suis d’accord avec toi au sujet du personnage de Tristan (c’est ce malaise qui m’a évidemment rendu l’intrigue si prévisible !). L’aspect « manipulation » m’a aussi fait penser à Entre mes mains le bonheur se faufile.

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