Historique

Anna et l’homme-hirondelle • Gavriel Savit

J’ai découvert cette parution un peu par hasard et j’ai été surprise qu’elle passe presque inaperçue. Quand j’ai lu que ce livre était comparé à La voleuse de livres, mon roman favori, et qu’il se déroulait pendant la seconde guerre mondiale, une période historique qui m’intéresse particulièrement, j’ai vraiment souhaité le lire. C’est d’ailleurs la première fois que je lisais un roman des éditions Seghers, que je ne connaissais pas du tout. Merci à eux pour cette lecture.

Résumé …

6 novembre 1939, Cracovie. Un million de soldats en marche et mille chiens aboyeurs, un endroit de peur et de froid où il ne fait pas bon grandir. Anna a sept ans quand son père, professeur à la faculté, se rend à une convocation des autorités allemandes, puis disparaît. Seule et à la rue, Anna rencontre alors l’Homme-Hirondelle, un grand et étrange personnage qui parle toutes les langues – même l’oiseau. D’instinct, elle est prête à lui confier sa vie. Avec des mots et des images simples, il lui explique la guerre. Comment y survivre. Un long voyage va commencer pour eux, à travers champs et forêts, pour échapper aux forces nazies et soviétiques. Mais dans un monde devenu fou, tout peut se révéler dangereux. Et l’Homme-Hirondelle aussi…

Mon avis …

Anna est une petite fille qui va grandir dans un contexte de guerre et qui va voir son père partir un matin, et ne plus revenir. Quand on est un enfant, il est difficile de comprendre ce que veut dire la guerre, ce qu’elle implique, quels sont ses dangers, de quoi l’on doit avoir peur et à qui l’on peut faire confiance. Il y a une naïveté inhérente à l’enfance qu’Anna représente tout à fait. Seulement, on dit d’elle qu’elle est « précoce », et elle comprend beaucoup de choses, elle les perçoit. Elle saisit des choses que des enfants ne devraient pas prendre en compte. Elle parle plusieurs langues, qu’elle associe à des personnes. Pour elle, les mots représentent quelqu’un.

Quand elle va se retrouver seule, à la rue, sans personne pour l’accueillir, elle va comprendre que les personnes sur qui elle pensait pouvoir compter la rejettent. Parce qu’en temps de guerre, c’est chacun pour soi. Sa route va croiser celle d’un drôle de monsieur qui, comme elle, manie les mots comme personne. Chose étrange, il réussit même à parler aux oiseaux. Parce qu’il semble être la seule personne à vouloir l’aider, elle va le suivre. Il va lui apprendre beaucoup de choses, lui parler comme si elle était adulte. Il va lui faire comprendre qu’elle doit s’inventer une existence, une identité, pour se protéger. Il va lui faire prendre conscience que les mots ont cela de magique que l’on peut leur faire dire ce que l’on souhaite. Qu’on leur donne le sens qui nous convient. Il va, pour cela, inventer leur langue. Une langue qui semble banale mais dont eux seuls comprendront le véritable sens.

Ce livre est très particulier. Il est exigeant au niveau de sa langue, quand bien même son personnage principal est une enfant. Il est presque philosophique par moments et en cela, il aborde la guerre d’une manière assez unique. Il est touchant par sa douceur et la violence pourtant des sujets qu’il traite. Il permet de réflechir sur la valeur des mots, sur le pouvoir qu’on leur donne. C’est un roman qui joue sur les nuances, les doubles sens. Il est d’une extrême intelligence, et c’est pour cela qu’il n’est pas réellement à la portée des plus jeunes à mon avis.

Ce qui fait sa force fait peut-être aussi sa faiblesse : à trop vouloir jouer sur cet aspect philosophique, on en perd sans doute un peu de concret et on reste frustré du déroulement de l’histoire et du peu que nous dévoile l’auteur au sujet de ses personnages, et notamment de l’homme-hirondelle.. Anna et cet homme vont traverser la guerre côte à côte, croiser la route d’autres personnages, tenter de survivre l’un et l’autre, en plongeant parfois au bord de la folie. Je me suis perdue à partir de la moitié du roman et je n’ai jamais vraiment réussi à me raccrocher à l’histoire. L’auteur part dans des conceptions un peu trop abstraites, je n’ai pas eu les réponses que j’aime trouver en tant que lectrice, et je suis donc au final un peu déçue que le roman n’ait pas su me passionner de bout en bout.

Pour résumer …

La seconde guerre mondiale au travers des yeux d’une enfant, et pourtant ce livre n’est absolument pas destiné aux plus jeunes. Exigeant et presque philosophique, il aborde la guerre avec originalité, même s’il est vrai que je me suis perdue à partir de la moitié du roman. Il m’a manqué du concret et des réponses à mes questions.

Ma note : ★★★☆☆☆
(10/20)

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5 réflexions au sujet de « Anna et l’homme-hirondelle • Gavriel Savit »

  1. Interesting to read your opinion about the book! I read it last or last to last year and enjoyed it between 4-5 stars, I think, but I hated The Book Thief book so much 😀

  2. Je comprends ton avis, moi-même j’ai du mal quand un roman me surprend en devenant beaucoup trop philosophique et me perd un peu. Du coup, je vais passer mon tours pour ce roman mais ça me rappelle que je n’ai toujours pas lu la voleuse de livres et qu’il faudrait que j’y remédie ^^
    Victoire

  3. Je suis globalement du même avis que toi, j’ai apprécié l’originalité de l’histoire, voir la guerre au travers des yeux d’une enfants, mais il m’a manqué des réponses, et de l’action pour me captiver tout au long de l’histoire. J’ai fini par me perdre..

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