Contemporain

Je m’appelle Lucy Barton • Elizabeth Strout

Je suis attentive aux parutions américaines et j’avais entendu parler de ce roman, assez populaire. Il m’a gentiment été envoyé par surprise par Marie-Félicia et par les éditions Fayard que je remercie beaucoup d’avoir pensé à moi, ce fut un plaisir de découvrir ce titre, sorti le 23 août.

Résumé …

Hospitalisée à la suite d’une opération, Lucy Barton reçoit la visite impromptue de sa mère, avec laquelle elle avait perdu tout contact. Tandis que celle-ci se perd en commérages, convoquant les fantômes du passé, Lucy se trouve plongée dans les souvenirs de son enfance dans une petite ville de l’Illinois – la pauvreté extrême, honteuse, la rudesse de son père, et finalement son départ pour New York, qui l’a définitivement isolée des siens. Peu à peu, Lucy est amenée à évoquer son propre mariage, ses deux filles, et ses débuts de romancière de New York des années 1980. Une vie entière se déploie à travers son récit lucide et pétri d’humanité, tout en éclairant la relation entre une mère et sa fille, faite d’incompréhension, d’incommunicabilité, mais aussi d’une entente profonde.

Mon avis …

En voilà, un livre étrange. Sans doute de ceux dont on ne sait pas tout à fait quoi penser en les refermant. A la fois écrit de manière sublime et en même temps, qui nous laisse une impression particulière. Comme si nous n’en avions pas saisi tout le sens. Je sais que je l’ai aimé, sans pour autant savoir exactement ce qui m’a plu à son sujet. J’ai, tout d’abord, été très sensible à l’écriture d’Elizabeth Strout que j’ai trouvé très belle, pure et douce. J’avais l’impression qu’elle rendait parfaite chaque phrase qu’elle écrivait.

Cette histoire est étrange, insaisissable presque. On a l’impression qu’un nuage survole tout le roman, comme si l’auteur voulait volontairement nous laisser dans le flou. Lucy revient sur son passé, son enfance et sa relation avec sa mère à travers un séjour à l’hôpital lors duquel sa mère s’est rendue à son chevet. Lorsqu’elle raconte sa vie, on perçoit un malaise, des incohérences. On comprend que sa famille n’était pas tout à fait normale, dans le sens où il y avait une pauvreté certaine, de la maltraitance, aussi. On découvre une famille coupée du monde, des enfants difficilement intégrés à la société qui les entourent, et toute sa vie d’adulte, Lucy en souffrira. Tout lui rappellera toujours qu’elle ne vient de rien. Je trouve les liens humains encore plus fascinants lorsqu’ils sont complexes et la vie de Lucy m’est apparue comme tellement déchirante et dure que j’ai été captivée par ma lecture.

De façon surprenante, j’ai donc accepté de me laisser porter, de ne pas tout comprendre aussi. J’ai trouvé que tout ceci faisait la beauté de l’histoire. Et il me semble que bien qu’il soit très court, ce livre contient beaucoup, beaucoup de sujets très vastes et que si je relisais ce livre plusieurs fois, j’en tirerai toujours des leçons différentes. Parce qu’il y a une richesse dans l’écriture de cette auteur qui fait qu’on sent qu’elle nous apporte une vision du monde qui est précieuse. Je crois cependant que ce livre aurait pu être construit de façon plus aboutie pour nous permettre d’en garder des traces plus profondes.

Pour résumer …

Presque insaisissable, l’histoire de Lucy Barton est fascinante et déchirante toute à la fois. On avance dans le récit comme dans la brume, en acceptant aussi de ne pas tout comprendre. L’écriture est sublime et il est certain que ce roman apporte une vision de la vie unique et belle, même s’il aurait mérité d’être un peu plus abouti pour qu’il ait une portée encore plus grande.

Ma note : ★★★★☆☆
(14/20)

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3 réflexions au sujet de « Je m’appelle Lucy Barton • Elizabeth Strout »

  1. Je comprends tout à fait ton ressenti mais c’est justement ce que tu as trouvé beau qui m’a gêné ^^ Je me suis sentie mal à l’aise durant tout le roman… Cette brume, le fait de ne pas tout comprendre m’a beaucoup gênée et freinée dans ma lecture malheureusement :/ Pourtant, je n’enlève pas la beauté de l’écriture d’Elizabeth Strout.

  2. Alors ça y est je l’ai terminé.
    Comme toi, je l’ai trouvé vraiment particulier mais bon. C’est pas un coup de coeur mais je suis restée admirative de ce récit, de la façon dont les choses sont tues et à la fois dites… Beaucoup de pudeur et de sensibilité…

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