Historique

Bakhita • Véronique Olmi

Lire le résumé est tout ce qu’il m’a fallu pour savoir que Bakhita serait une de mes plus belles lectures de cette rentrée littéraire. Merci mille fois aux éditions Albin Michel de m’avoir envoyé ce roman sorti le 23 août dernier.

Résumé …

Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l’âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d’Italie. Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir soeur.

Mon avis …

Je ne connaissais pas Bakhita avant de lire ce livre, je n’avais même jamais entendu parler de cette femme. Pourtant, sa vie est tellement extraordinaire qu’il parait impossible d’ignorer son existence. C’est sans doute car il y a des millions de destins exceptionnels qui restent bien souvent cachés du grand public. Que l’Histoire oublie. Véronique Olmi a voulu raconter la vie de Bakhita, et je l’ai lue avec une émotion si vive que je lui suis profondément reconnaissante pour ce magnifique roman qui marquera ma vie de lectrice.

« Elle ne savait pas que l’on pouvait marcher enchaîné et fouetté. Elle ne savait pas que l’on faisait ça aux hommes. »

C’est un livre magnifique et terrible tout à la fois. Il nous bouscule parce qu’il décrit le traitement des esclaves dans le détail, sans rien nous épargner des tortures qu’ils subissaient, de la vie qui était la leur. C’est à l’âge de 7 ans que Bakhita est enlevée de son village du Darfour et elle va vivre son enfance et son adolescence en passant entre les mains de plusieurs maîtres. En devant, à chaque fois, s’acclimater à un nouvel environnement, à de nouvelles règles, à un nouveau rôle. Chaque fois, cependant, elle vit des humiliations, des violences, elle passe près de la mort, elle voit mourir les quelques personnes qu’elle apprenait à aimer, et qui comme elle n’étaient plus que des « choses ».

Cette femme est inspirante parce qu’alors même qu’elle a vécu les pires atrocités qui soient, elle a un profond désir d’aider l’autre. Parce qu’elle a vu la misère, la détresse des hommes, de ceux qui n’ont rien, elle dédiera sa vie à donner d’elle-même pour rendre la vie des plus faibles un peu plus belle. Elle acceptera chaque fois son sort en gardant au fond d’elle-même tous ceux qu’elle a perdus. Avec la douleur profonde de ne plus savoir qui elle est vraiment ni d’où elle vient. Mais sans jamais oublier les liens qui l’unissaient aux personnes qu’elle a aimées.

« Elle sait qu’il ne faut s’attacher à personne, qu’à Dieu. C’est ce qu’ils disent mais elle n’y croit pas. Ce qu’elle croit, c’est qu’il faut aimer au-delà de ses forces, et elle ne craint pas les séparations, elle a quitté tant de personnes, elle est remplie d’absences et de solitudes. »

Certains passages du roman sont extrêmement difficiles à lire et on sent que Véronique Olmi à fait un gros travail de documentation pour que son récit soit au plus près de ce qu’a pu vivre Bakhita. Pourtant, jamais l’émotion ne s’éloigne. Jamais le roman ne perd de sa justesse. Il est au contraire d’une rare pureté et d’une rare beauté alors même que ce que l’auteur décrit atteint des sommets d’horreur. C’est un roman qui déborde d’humanité et Bakhita est une inspiration universelle pour nous tous.

Pour résumer …

Avec beauté, pudeur et violence, Véronique Olmi met un peu de lumière sur l’extraordinaire et terrible vie de Bakhita, enfant esclave puis religieuse. Une héroïne que l’on porte en nous bien longtemps après avoir tourné la dernière page de ce roman.

Ma note : ★★★★★★
(20/20)

Publicités

10 réflexions au sujet de « Bakhita • Véronique Olmi »

  1. Salut! Au delà du fait que des intrigues avec des esclaves noirs soient une mode littéraire en ce moment. Ce qui me dérange le plus c’est qu’il est quasiment impossible dans une librairie de trouver des romans adultes avec des personnages noirs qui ne soient ni esclaves, ni victimes de ségrégation raciales. Alors que toutes les autres ethnies sont représentées dans des rôles divers et des genres divers! Je trouve qu’il y a un gros décalage entre le représentation des noirs en littérature par rapport au cinéma où elle est plus diversifiée. Les éditeurs semblent avoir une grande part de responsabilité là dedans en choisissant de mettre en avant que ce type d’histoires.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s