Contemporain

Pour te perdre un peu moins • Martin Diwo

La rentrée littéraire nous offre chaque année des premiers romans, et celui-ci faisait partie de ma liste à découvrir, sans doute parce que l’auteur a mon âge, et a fait les mêmes études que moi. J’avais envie de savoir ce qu’il avait à raconter. Merci à Plon pour cette lecture. Ce livre est en librairie depuis le 24 août.

Résumé …

Un garçon, une fille, une histoire universelle. Ils s’aiment, se déchirent, elle s’en va. Lui s’écroule. La jeunesse et l’innocence avec. Un roman qui frappe, âpre, enlevé, emporté, qui ne s’oublie pas. Une signature, une écriture, une voix, une époque, une génération.

Mon avis …

C’est l’histoire d’une rupture. D’un couple qui se brise et de la solitude qui reste. Le personnage principal de ce roman s’est fait quitter par la femme qu’il aimait. Ils sont jeunes, mais ils ont pourtant beaucoup vécu et beaucoup partagé. Quatre ans d’amour. C’est donc l’incompréhension qui l’habite, l’impossibilité d’envisager son avenir sans celle qui a partagé tant de choses avec lui. J’ai vu dans ce roman beaucoup de points communs avec Rien de grave, de Justine Lévy. Ou encore Beaux rivages, de Nina Bouraoui, lu plus récemment. Je suis pour ma part extrêmement sensible aux récits racontés avec tant de rage, de douleur, comme si c’était un cri du coeur, comme si c’était vital. Il y a beaucoup de déni, de colère, mais surtout énormément d’amour dans ce texte. Un amour absolu, presque viscéral.

« Je me souviens d’avoir poussé un cri. Un cri sans bruit qui m’a déchiré la poitrine. Un cri silencieux qui m’a arraché le cœur. Un cri muet qui m’a brûlé les entrailles. Un cri inaudible qui m’a foudroyé l’âme. Un cri que personne n’a entendu et dont l’écho résonne encore entre les parois de mon crâne. Je m’en souviens, de ce cri. C’était un cri terrible. Un cri de désespoir, de tristesse, de peur. Un hurlement blessé. Un appel au secours. Un dernier souffle. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je m’en souviens et j’ai oublié tout le reste. Elle venait de me quitter. »

Il y a une justesse extraordinaire dans ce livre, et je pense qu’il faut avoir vécu une telle rupture pour en parler avec des mots si forts, si percutants. Martin Diwo n’a que 26 ans et pourtant il décrit l’amour de la plus belle des façons : ce sentiment qui surpasse tous les autres, cet être qui représente tout à nos yeux, sans lequel on n’envisage plus d’exister réellement. Pour son personnage, sa rupture est comme un gouffre dans lequel il est tombé malgré lui et dont il n’imagine pas réussir à sortir. Ce sont toutes ces choses qu’il ne pourra plus faire sans elle, une présence qui manque au quotidien, une partie de son âme qui a été emportée, comme réduite à néant.

« Il y a ceux qui vous disent que vous avez déjà tout fait, et qu’il est grand temps de passer à autre chose. Ils veulent votre bien, mais vous, vous n’en voulez pas. Ils vous poussent à sortir et vous mettent des filles dans les bras. Ils se taisent et n’osent pas, mais leurs regards les trahissent : « Elle n’est pas mieux celle-là? » Si. Elle est mieux. Elle est plus jolie, plus intelligente, ou mieux faite, mais elle n’a pas ses défauts, ses mille petits défauts qui vous ont rendu fou. Alors vous faites semblant, vous souriez, dansez, chantez et feignez d’aller mieux, mais le coeur n’y est pas. Ce coeur d’ailleurs, ce coeur qui battait si fort, pourra-t-il battre de nouveau ? »

Le personnage principal est confronté aux souvenirs de son histoire, à l’image qu’il en avait et à toutes ces réalités qu’il avait oubliées, ou dont il ne souhaitait peut-être pas se rappeler. Ces petites choses qui rendaient son histoire un peu moins parfaite que dans son souvenir. Quatre années qu’il décortique, qu’il revit, pour un peu la faire revivre, « pour la perdre un peu moins ». Il était beau, cet amour qu’ils partageaient. Il était vivant.

« Pardonnez-moi, je ne savais pas ce que c’était qu’aimer. Pour le savoir, il faut avoir été quitté. »

Je ne conseillerai pas ce roman aux âmes qui ne seraient pas romantiques ou aux personnes un peu déprimées. Accompagner quelqu’un dans une rupture n’est jamais chose aisée. Pourtant, ce fut une lecture que j’ai personnellement beaucoup aimée et qui a su me toucher profondément. Peu importe le temps que dure une relation amoureuse, il est certain qu’elle modifiera notre vie et la personne que nous sommes. Parfois, souffrir, c’est aussi devenir quelqu’un d’autre et ouvrir un nouveau chapitre de son existence.

Pour résumer …

Un écho à une relation amoureuse qui s’achève et à une rupture compliquée pendant laquelle celui que l’on a aimé reste omniprésent. Un cri d’amour et de détresse qui m’a profondément touchée, et une reconstruction difficile pour vivre et s’imaginer seul plutôt qu’à deux.

Ma note : ★★★★★☆
(16/20)

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5 réflexions au sujet de « Pour te perdre un peu moins • Martin Diwo »

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