Contemporain

Quatre murs et un toit • Camille Anseaume

Camille Anseaume est une auteur que j’ai découverte avec Un tout petit rien il y a déjà 4 ans, et qui avait été pour moi une vraie révélation. Je prends, depuis, plaisir à la suivre avec attention et ai pu lire Ta façon d’être au monde, en 2016. A l’occasion de la sortie de son nouveau roman, je la remercie beaucoup de me l’avoir envoyé dédicacé. J’en ai été très touchée.

Résumé …

Lorsqu’elle apprend que ses parents veulent vendre la maison de son enfance, Camille s’y installe pendant une semaine. Pièce par pièce, elle fait jaillir ses souvenirs, entre les manies de sa mère, les blagues de son père, les amis de son frère dont elle était amoureuse, et les chamailleries entre soeurs.

Mon avis …

Dire adieu à son enfance n’est pas chose facile. L’enfance, c’est ce que symbolise la maison de famille de Camille, qui doit être vendue dans les jours à venir. Pour elle, c’est comme si le symbole même de sa famille et de sa jeunesse s’envolaient. Alors, elle décide de partir s’isoler dans cette maison qui a tant abrité, qui a connu tant de moments du quotidien, et qui contient tellement de souvenirs qu’ils imprègnent chaque mur et chaque objet. Dans ce lieu particulier, sentimentalement important, elle va revivre ces moments qui l’ont marquée, ces passages de sa propre vie auxquels la maison a assisté.

Le roman alterne passé et présent. On découvre le point de vue de Camille sur cette maison, sur sa vie d’adulte, sur sa difficulté à grandir vraiment et à dire adieu à ce lieu cher à son coeur. Mais il y a aussi les souvenirs de Camille, où elle se revoit enfant, adolescente, jeune adulte. Dans chaque pièce résonne un souvenir, qui a laissé une trace dans sa mémoire ou physiquement sur les murs de la maison. Ce qui ressort de ce livre, c’est sa sincérité, et il n’y a aucune triche, cela est certain, puisque les pages de ce roman ont su aller cueillir mes propres souvenirs. J’ai revécu, comme Camille, certains moments de mon enfance, en famille ou seule, dans ma bulle. On a tous ces souvenirs d’enfance desquels il est parfois difficile de prendre de la distance, en grandissant.

Ce que nous montre ce livre, c’est aussi que c’est à chacun de se créer son propre univers, son propre environnement, et de s’émanciper de ses souvenirs d’enfance pour se créer ses propres souvenirs, nouveaux et dans d’autres lieux. On a un attachement particulier aux lieux, c’est toujours ainsi, parce qu’ils représentent un idéal, ce qui nous a rendu heureux, mais parce qu’ils sont aussi chargés de tous nos souvenirs de vie, parfois plus douloureux.

Même si j’ai trouvé ce roman assez juste, je crois qu’il relève d’un besoin personnel de l’auteur, et je n’ai pas spécialement ressenti d’émotions à sa lecture, au-delà de quelques passages plus forts que d’autres. Il m’a manqué, je crois, une histoire plus concrète. C’est une lecture qui s’est révélée rapide, agréable, qui m’a semblé être juste et sincère mais qui ne contenait pas, pour moi, une véritable histoire romancée que le lecteur aurait envie de suivre et de ne plus lâcher.

Pour résumer …

Dire adieu à la maison de son enfance, c’est aussi accepter de se construire ses propres souvenirs, en tant qu’adulte. Un texte sincère, qui a su résonner en moi et faire revivre mes propres souvenirs, mais pour lequel il m’a manqué une histoire plus romancée et concrète pour véritablement m’embarquer dans sa lecture.

Ma note : ★★★☆☆☆
(10/20)

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7 réflexions au sujet de « Quatre murs et un toit • Camille Anseaume »

  1. Merci pour ton avis, j’ai eu ce livre en main il y a quelques jours et j’ai eu peur de l’entamer parce que j’avais peur qu’il me touche trop et que la nostalgie me rende un peu triste, je n’avais pas envie de ce genre de sentiment à ce moment là. Vivant moi-même dans la maison de mes grands-parents, c’est un rêve de gosse que j’ai réalisé adulte, je suis sure que cela va faire écho ! Si je le lis je penserai à venir confirmer (ou pas) ton sentiment de manque d’une histoire concrète .

  2. Le thème est touchant et je pense que tout le monde peut s’y identifier. Souvent dans mes rêves, je suis dans la maison que j’habitais étant petite alors que j’en suis partie à l’age de 11 ans (j’en ai 26). Comme quoi même les lieux nous marquent!

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