Contemporain

Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique • Balli Kaur Jaswal

Cette parution du mois de mai m’intéressait beaucoup, et je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour cet envoi. Je suis ravie d’avoir pu découvrir cette lecture.

Résumé …

Agée d’une vingtaine d’années, Nikki vient d’abandonner ses études et travaille dans un pub en attendant de trouver sa voie. Une émancipation peu courante pour une jeune femme sikh. Jusqu’au jour où, partie déposer une annonce au temple de Southall pour sa sœur en quête d’un mariage arrangé, Nikki tombe sur une étonnante offre d’emploi : on cherche une enseignante pour donner un cours de creative writing à un petit groupe de femmes siks. Elle aime lire, elle aime écrire, elle saute sur l’occasion. Mais alors qu’elle pensait animer un atelier d’écriture à des apprentis auteurs, elle se retrouve face à une poignée de femmes majoritairement analphabètes, délicieusement déchaînées, bien décidées à parler d’érotisme et à partager leurs expériences amoureuses et familiales, souvent comiques, parfois bouleversantes, mais toujours pleines d’humanité… Quand un banal club de lecture devient le théâtre des plus incroyables révélations…

Mon avis …

Voilà une curieuse lecture qui mêle traditions et modernité. Au coeur d’un quartier sikh de Londres, où vivent de nombreux immigrés indiens, Nikki, jeune londonienne aux origines indiennes mais élevée dans un quartier londonien moderne, va être recrutée pour animer un atelier d’écriture. Dès son arrivée, elle comprend ce que l’annonce ne précisait pas : les femmes participantes sont veuves et analphabètes. Difficile donc d’écrire des textes dans ces conditions, sans même posséder les bases propres à la langue. Alors qu’elle se lance dans des exercices techniques et rigoureux d’alphabétisation, Nikki va se confronter à un véritable rejet de ces femmes. Si elles sont là, ce n’est pas pour apprendre à écrire, mais pour être entendues et pour raconter les histoires qu’elles gardaient jusque là pour elles.

Elles vont peu à peu se laisser aller, racontant des récits emprunts de désir, d’érotisme et de liberté, où tout est possible, sans plus aucune barrière de moeurs ou de culture. Que ce soient des expériences propres ou le fruit de leur imagination, ces femmes vont surprendre Nikki par leurs récits osés et langoureux, qui captivent immédiatement leur auditoire. Parce que ces femmes cherchaient simplement un espace pour s’exprimer en toute liberté et pour s’affranchir des règles assez strictes de leurs traditions, ces « ateliers d’écriture » vont prendre un tout autre sens et une ampleur surprenante.

Alors que Nikki pensait avoir une idée concrète et précise de la vie de ces femmes, dévouées à leurs maris décédés, elle va réaliser qu’elles sont pleines de surprise. Parce qu’elles restent des femmes, avec leurs envies et désirs propres, parfois enfouis et reniés pour satisfaire les traditions. A travers leurs histoires, c’est toute la complexité de la condition de la femme qui est mise en lumière, avec les mariages forcés, la sexualité des femmes mais aussi leur place au sein du couple et de la famille. Il y a aussi, dans ce roman, une place très importante donnée à l’immigration et à la part des traditions que chacun garde en lui. Les personnages de ce roman représentent très bien ce mélange entre différentes cultures et ce déracinement vécu par les populations immigrées.

J’ai trouvé ce roman très original, avec un véritable sujet qui a su m’embarquer. L’intrigue autour de Kulwinder m’a parfois un peu perdue, étant souvent assez confuse, ce que j’ai regretté, même si j’ai fini par lui trouver un véritable intérêt. J’ai mis un moment à vraiment plonger dedans, à apprendre à connaître les personnages et à véritablement rentrer dans l’histoire, mais ce fut une lecture que j’ai beaucoup appréciée et qui est beaucoup plus pertinente que ce que son apparence et sa forme laissent suggérer.

Pour résumer …

Un roman très original pour évoquer la condition de la femme à travers un atelier d’écriture où les récits sensuels de femmes analphabètes se mêlent pour raconter leurs désirs mais aussi tout ce que la tradition ne leur a pas permis d’être.

Ma note : ★★★★★☆
(15/20)

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10 réflexions au sujet de « Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique • Balli Kaur Jaswal »

  1. Curieuse lecture, ça tu peux le dire ! J’ai été très étonnée de son contenu et en même temps, agréablement étonnée. Je ne m’attendais absolument pas à un tel roman et pourtant, il est vraiment très intéressant. Notamment à travers les idées de liberté de la femme qu’il véhicule !

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