Jeunesse

The Hate U Give • Angie Thomas

J’ai acheté ce roman en avril 2018, lors de sa sortie française, car c’est un ouvrage qui a eu un succès énorme aux Etats-Unis et je savais qu’il me faudrait le lire, en raison de son sujet très important. Sa sortie cinéma étant prévue le 23 janvier 2019 en France, j’ai donc choisi les vacances de Noël pour le lire enfin.

Résumé …

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

Mon avis …

Les violences policières aux Etats-Unis sont un sujet commun, fréquent, surtout à l’encontre des personnes noires. Dans la lignée du mouvement « Black Lives Matter », ce roman à destination des adolescents vise à dénoncer ces pratiques, injustes, inadmissibles et bien souvent impunies. Pour cela, Angie Thomas a choisi de placer son récit dans un quartier très sensible d’une ville américaine, où la population est entièrement noire, et où la drogue et les tirs sont le quotidien. C’est là qu’est née Starr, c’est là qu’elle grandit, même si ses parents ont choisi de lui payer un lycée dans un quartier blanc privilégie. Elle a donc deux vies, l’une où elle doit mentir sur ce qu’elle est, et cacher les difficultés rencontrées dans son quartier, et l’autre où elle fait face au quotidien à l’insécurité, aux gangs et à la pauvreté omniprésente dans son voisinage.

Alors qu’elle a déjà vu une de ses amies mourir par balle quand elle était très jeune, c’est lors d’une soirée qu’elle va assister à l’assassinat d’un ami à elle, par un policier lui-même. Ce qui est terrible à la lecture de ce roman, c’est que l’on ne peut ignorer qu’il n’est pas juste une fiction. Les faits racontés par Angie Thomas s’inspirent évidemment de nombreuses affaires aux Etats-Unis, dans lesquelles des policiers étaient impliqués dans la mort par balle de personnes noires. L’opinion public est alors en plein débat : le policier s’est-il senti en danger ? L’homme tué était-il un dealer, membre d’un gang ? Cela justifie-t-il de le tuer ? Le simple fait qu’il est noir a-t-il entrainé ce meurtre ? Toutes ces questions sont régulièrement posées dans les médias, et l’auteur les approche au plus près dans ce roman.

Par le personnage de Starr, Angie Thomas nous montre ce qu’être noir veut dire dans une société où les blancs sont incontestablement privilégiés et où le racisme est malheureusement encore bien présent. Mais le plus intéressant à mon sens, c’est cette vision qu’elle nous offre des quartiers noirs, de la vie des personnes qui y vivent, du destin des personnes qui y naissent : sans autre horizon que les gangs, pour déterminer leur avenir.

C’est un roman qui me semble très important, parce qu’il a le mérite de mettre le doigt sur ce qu’on préfère ne pas voir. Il ose aborder un sujet encore tabou, ce racisme de notre époque souvent dissimulé. J’ai savouré ce roman pendant toute une semaine et je n’avais clairement pas envie de le terminer. J’ai attendu d’avoir dépassé la moitié du roman pour visionner la bande annonce du film, ne voulant pas me laisser influencer dans mon interprétation du sujet, des personnages, etc. et les larmes sont venues. Je pense que le film va énormément me bouleverser, et qu’il sera à la hauteur du livre. C’est tellement rare que cela me réjouit d’avance. Je ne le louperai pas au cinéma, c’est certain. Ce n’est pas tout à fait un coup de coeur sans doute à cause de la traduction, parfois manquant un peu de naturel dans le langage des personnages et dans l’émotion que le texte voulait transmettre. Malgré tout, ce livre me marquera et il mérite d’exister, en espérant que les choses puissent changer.

Pour résumer …

Dans la lignée du mouvement « Black Lives Matter », ce roman engagé ose évoquer le racisme de notre époque et les violences policières, ainsi que la vie dans les quartiers noirs américains. C’est toute notre société qu’Angie Thomas décortique, et cela fait du bien de lire un roman aussi utile, aussi fort aussi pour enfin crier au monde que les choses doivent changer.

Ma note : ★★★★★★
(18/20)

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12 réflexions au sujet de « The Hate U Give • Angie Thomas »

  1. J’en ai énormément entendu parlé sur instagram notamment et c’est vrai que le sujet qui est très fort et difficile a l’air d’avoir beaucoup touché via ce livre. On entend parler de ces problèmes aux usa sans forcément se rendre compte. Je vais essayer de le lire avant de voir l’adaptation ciné.

  2. salut! j’ai lu ce livre en anglais parce que je pensais qu’il me toucherait moins mais pas du tout! le traitement est très réaliste en effet. Ces tueries considérées comme des faits divers par beaucoup sont très problématiques. Si je compare a un autre évènement dramatique dont on avait parlé dans les médias, c’est à dire un jeune lycéen blanc qui avait fait un carnage dans son établissement scolaire, j’avais été surprise qu’il soit arrêté par la police sans aucune blessure. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce moment là qu’un lycéen noir n’aurait pas eu le même traitement et aurait tout suite été vu comme une personne à abattre par la police américaine.

  3. Tu me donnes tellement envie de le lire ! Seulement je préfère attendre encore un peu avant de le sortir de ma PAL, je ne suis pas encore tout a fait sûre que ça soit le bon moment 😉

  4. J’avais oublié que le film dont beaucoup parlent en ce moment était adapté d’un livre, mais ta chronique me donne très envie de le lire avant d’aller voir le film ! J’espère être autant touchée que toi par cette oeuvre 🙂

  5. Idem concernant la traduction. Je ne l’ai pas trouvée extraordinaire et je reconnaissais certaines expressions derrière le français. Je l’ai aussi en livre audio en VO, je pense que je me le referai ainsi. Il paraît que le film est très bien. Bonne journée 🙂

  6. J’ai tellement aimé ce livre. Il est poignant, il est fort et terriblement criant de vérité. La vérité telle qu’on ne veut pas la voir. Je ne voulais pas quitter Starr, je voulais une justice pour Khalil. Je ne voulais pas qu’il se termine.

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