Contemporain

Je vous écris comme je vous aime • Elisabeth Brami

Les sorties poches sont bien souvent l’occasion d’une seconde vie pour les livres, et ce fut le cas pour celui-ci dont je n’avais jamais entendu parler, sorti en grand format en 2006. Je suis donc très heureuse qu’il ait été réédité toutes ces années plus tard, et je remercie les éditions Charleston de me l’avoir envoyé.

Résumé …

« Ma Dame, Laissez-moi vous aimer. Juste avec des mots. Rien que des mots. Plus fort grâce aux mots. Vous êtes mon île, mon salut, ma survie, mon repos. Que ces lignes vous brûlent, vous percent, vous pénètrent dans l’extrême beauté d’une passion dont les corps s’épousent malgré l’absence. »

Gabrielle. Emilie. Deux femmes que tout sépare. Elles se rencontrent. S’éblouissent. Doivent se quitter. Mais de ce moment éphémère s’est noué un lien insensé qui les pousse à échanger des lettres à n’en plus finir pour abolir l’espace, le temps, l’oubli et la douleur du manque. C’est l’écriture d’une passion nourrie de la passion de l’écriture.

Mon avis …

Qui dit roman épistolaire signifie que je suis immédiatement intéressée par cette lecture. J’ai un goût particulier pour ce genre littéraire, et celui-ci a donc eu toute mon attention. Reçu à sa sortie l’année dernière, j’ai attendu un petit séjour à Lille pour le découvrir enfin. En l’ouvrant, j’ai plongé dans des échanges de lettres entre deux femmes d’âges différents, dont la rencontre a été provoquée par le plus grand des hasards. Ces quelques heures partagées ont suffi pour que l’une comme l’autre ressente des émotions très fortes et des sentiments amoureux. Elles se quitteront physiquement mais leur amour ne s’éteindra pas puisqu’elles le prolongeront à travers de nombreuses lettres échangées.

Cette relation épistolaire est un rappel de l’essence même de la vie. Du fait que l’âge n’a pas d’importance. Que tant que l’on est vivant, on peut aimer, être heureux, faire des folies. Quel beau message que celui-ci ! Lettre après lettre, les deux femmes vont se dévoiler leurs sentiments les plus profonds. Elles vont exprimer à l’autre à quel point elle la rend plus vivante. Il y a cet interdit à surmonter : celui d’assumer cet amour que la société n’approuverait sans doute pas. Quelle idée, pour une vieille femme qui n’a plus beaucoup de temps, de penser même aimer une femme plus jeune qu’elle ? Ce roman va a l’encontre des conventions sociales et cela fait un bien fou. Cet esprit féministe qui s’en dégage m’a beaucoup touchée et j’ai lu les lettres avec passion, appréciant chaque mot de cette douce poésie.

“Comment ai-je pu vivre avant notre rencontre ? Je vivais peut-être, mais je n’existais pas.”

Si quelque chose m’a gênée, c’est ce côté très contemplatif qui ressort de l’écriture et qui fait que le rythme de la lecture se perd bien souvent aussi vite qu’il apparaît. J’ai parfois été complètement entrainée dans les lettres et les réflexions de Gabrielle, puis des fois un peu plus ennuyée, à mon grand regret. J’ai également ressenti un petit manque d’explications concernant le début de cette relation qui semble surgir soudainement, et qui n’est pas tellement développée par l’auteur. Comme si ce qui importait, c’était l’existence même de cet amour et la façon de cohabiter avec lui. Je note quand même que plus le livre avançait, et plus j’ai été prise dans le roman car il n’a clairement pas suivi la direction que j’attendais, ce qui m’a agréablement surprise.

La force de ce livre, c’est tout d’abord la sublime écriture de l’auteur, qui envoûte à chaque mot son lecteur. J’avais envie de noter à chaque page des dizaines de citations, et cela est un grand bonheur en tant qu’amoureux des mots. Il y a également le message que l’histoire renvoie. Celui qui nous dit de profiter de notre existence pour être heureux car jamais rien n’est écrit. On ne sait pas combien de temps encore nous existerons et la vie est beaucoup trop courte pour passer à côté du bonheur, sous prétexte qu’il nous effraie. Et puis, n’est-ce pas là aussi toute la beauté de la vie ? Elle peut nous surprendre à tout instant, et ce que l’on pensait joué d’avance est souvent trompé par les jours qui passent, et par l’existence qui ne suit aucune logique.

Pour résumer …

Des lettres échangées pour se déclarer un amour inattendu, interdit, repoussé. Un roman féministe, qui donne envie de profiter de chaque instant de l’existence, tellement imprévisible. Quelques passages un peu longs, mais j’ai été très surprise par l’évolution de l’histoire qui m’a clairement beaucoup touchée.

Ma note : ★★★★★☆
(16/20)

2 réflexions au sujet de « Je vous écris comme je vous aime • Elisabeth Brami »

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