Historique

Les heures silencieuses • Gaëlle Josse

Depuis le temps qu’on me conseillait les romans de Gaëlle Josse, il fallait vraiment que je me décide à découvrir sa plume. J’ai donc emporté Les heures silencieuses lors de mon voyage à Malte (à Marsaxlokk sur la photo).

Résumé …

« A l’heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m’alléger de ce qui m’encombre devient plus fort que tout. Je garde l’espoir, naïf peut-être, qu’un tel aveu sera comme l’amputation d’un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu’elle soit, permet de sauver le reste du corps. » Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits… Dans le silence de l’heure, derrière le précaire rempart de l’ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son coeur, explorant les replis les plus secrets de l’âme.

Mon avis …

C’est par un journal intime que s’ouvre ce roman, format qu’il va conserver tout le long de sa centaine de pages. On y suit les confessions et les pensées d’une jeune femme, épouse d’un homme assez influent en 1667. Magdalena va raconter, dans son journal, les bonheurs de sa vie, ses rêves d’enfant, mais aussi son rôle d’épouse et de mère, ainsi que les drames qu’elle a pu traverser.

A travers elle, c’est la condition féminine qui est au coeur du roman et qui est dépeinte. A cette époque, une femme devait suivre les directives de son mari, ne pas faire trop de bruit. On pouvait être accusée de sorcellerie et être condamnée au bucher simplement parce qu’on était une femme, solitaire ou un peu différente de ce que la société attendait de nous. Une femme devait obligatoirement enfanter, de préférence d’un garçon, et se passionner pour les tâches domestiques. Or, depuis enfant, son père n’ayant pas eu de garçon, Magda va l’accompagner dans son travail et apprendre du milieu maritime et du commerce. Ainsi, elle est bien plus passionnée par l’aventure et les navires que par la couture ou la cuisine.

Grâce à ce père qui lui enseigne beaucoup de choses, Magda va grandir entourée de récits de contrées lointaines qui ne lui seront jamais accessibles, parce qu’elle est née femme. C’est, au final, l’histoire d’une femme qui, comme beaucoup d’autres à son époque, a dû renoncer à ses rêves et se conformer à ce que la société attendait d’elle. C’est toute la description d’une époque qui ressort de ce journal et de ce récit doux et intime. L’écriture de ce livre est particulière et assez recherchée, mais j’ai justement ressenti une distance certaine avec l’histoire et les émotions qui m’a un peu gênée car je crois que j’aurais pu être beaucoup plus touchée par ce livre s’il avait été un peu moins froid dans ses descriptions et par sa langue.

Pour résumer …

Ce journal intime nous invite en 1667 dans les pensées et confessions d’une femme ayant rêvé, pleuré, vécu mais ayant surtout renoncé à ses rêves d’aventure et de liberté parce que la société lui imposait autre chose. Une lecture intime et intéressante mais un peu trop froide et distante du fait de son écriture recherchée.

Ma note : ★★★☆☆☆
(11/20)

4 réflexions au sujet de « Les heures silencieuses • Gaëlle Josse »

  1. Aaah ! J’ai tout de suite reconnu les belles barques colorées de Marsaxxlokk sur ta photo ! Qu’est-ce que j’adore cet endroit ! Tu me fais regretter de n’avoir pas pris le temps d’y bouquiner (mais mes vacances sur l’île étaient assez sportives en termes de planning^^).
    Le thème du bouquin a l’air super intéressant, dommage que la sauce ne prenne pas. Créer des personnages profonds, avec du relief et qui provoque une empathie (ou en tout cas une réaction émotionnelle, positive ou négative, selon le personnage) est un vrai défi, plus encore avec ce format de journal intime.

    1. Oui c’était un merveilleux endroit ! C’était la fin du séjour donc un peu plus tranquille pour nous 💜 Un beau voyage en effet ! Merci pour ton commentaire, oui parfois la magie n’opère pas avec un livre, il en faut aussi pour tous les lecteurs..

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