BD Autobiographique

Gilets de sauvetage • Allain Glykos et Antonin Dubuisson

La magie des librairies se produit quand elles nous permettent de découvrir des livres. C’est le cas de cette BD que je ne connaissais pas, d’une maison d’édition que je n’avais encore jamais lue.

Résumé …

« Les îles les plus à l’est leur offrent quelques heures de répit dans leur longue marche. Chaque île est un point de fuite pour qui, chez lui, n’a plus de perspectives. Installés dans la torpeur de l’été, que ferons-nous pour eux ? » Septembre 2015. Allain Glykos et son épouse passent quinze jours dans l’île de Chio, à huit kilomètres de la côte turque.

Mon avis …

Je suis vraiment très heureuse que le hasard ait mis cette BD sur ma route car il aurait été très dommage de passer à côté, et je regrette d’ailleurs vraiment qu’elle n’ait pas plus de visibilité. Pour moi, c’est un ouvrage utile, qui apprend beaucoup et qui nous change un peu aussi. Par quelques dessins parsemés, l’auteur donne la parole à des grecs, à des touristes, à des migrants, pour mêler ces voix avec la sienne. Le résultat est tellement pertinent que j’ai été très intéressée par ma lecture.

Il y a beaucoup de thématiques dans cet ouvrage, en commençant par des pans de l’Histoire de la Grèce. En visitant, en touriste, ce pays Allain Glykos marche dans les pas de son propre père, et raconte les cicatrices de ce peuple qui a un passé très douloureux, notamment vis à vis de la Turquie, à quelques kilomètres seulement. Cela m’a donné envie d’en apprendre davantage sur ces faits historiques, et approfondir ma connaissance de cette région du monde.

Impossible d’ignorer la crise également, qui sévit dans la vie quotidienne des grecs, et que les touristes côtoient forcément. Pourtant, n’y a-t-il pas dans le tourisme actuel une certaine hypocrisie, qui consiste à prendre du bon temps, et à fermer les yeux sur le contexte d’un pays que l’on prétend vouloir découvrir ? A cela s’ajoutent les flux migratoires, les migrants si nombreux à tenter de traverser pour atteindre les côtes grecques. Qui souvent ne réussissent pas à survivre, ne laissant d’eux que leur gilet de sauvetage.

Cette BD est une réflexion très intéressante sur notre place, en tant qu’européen, dans l’accueil des migrants, sur notre manque de coopération, d’entraide, d’empathie. Sur notre méconnaissance aussi, de toute une partie de l’Histoire et de la condition actuelle de la Grèce, alors que nous n’allons là-bas que pour profiter de son soleil et de ses plages. L’auteur soulève simplement ces questions, et elles sont pertinentes. A chacun ensuite d’y trouver ses réponses. Je remercie d’ailleurs l’auteur d’avoir intégré dans cette BD quelques paroles d’une chanson de Francis Cabrel que je ne connaissais pas et qui m’a bouleversée aux larmes (« African Tour »).

Pour résumer …

Il y a des lectures qui nous changent et nous marquent. Cette BD m’a énormément intéressée et beaucoup touchée par son empathie, son humanité, et sa capacité à interroger le lecteur sur des sujets que l’on préfère bien souvent considérer comme nous étant étrangers. Une très belle découverte qui mérite d’être lue par beaucoup.

Ma note : ★★★★★☆
(17/20)

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