Prix Littéraires

Prix Régine Deforges : Présentation de la Sélection 2020

Vous le savez si vous suivez mon blog depuis un moment, j’ai le grand bonheur de pouvoir partager avec vous de nombreux prix littéraires. Et cette année, c’est avec beaucoup de fierté que je m’associe à la Ville de Limoges pour vous parler de la 5ème édition du Prix Régine Deforges.

Le Prix Régine Deforges, qu’est-ce que c’est ?

Cela fait 5 années maintenant que la Ville de Limoges organise ce Prix Littéraire, organisé conjointement avec les enfants de Régine Deforges. Depuis 2015, le Prix récompense des auteurs francophones de premiers romans, et la liste est belle.

Voici les précédents lauréats du prix, dont la diversité est assez extraordinaire:

2016 : La Petite Barbare d’Astrid Manfredi (Belfond)
2017 : Hiver à Sokcho d’Elisa Shua Dusapin (ZOE)
2018 : Grand Frère de Mahir Guven (Philippe Rey)
2019 : À la ligne de Joseph Ponthus (La Table Ronde)

Le comité de sélection du prix Régine Deforges est piloté par la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges, et en tant que bibliothécaire, c’est une fierté d’autant plus grande pour moi que de pouvoir contribuer à porter ce prix.

Le comité est composé de 12 membres. Il s’est réuni 6 fois entre octobre 2019 et février 2020 pour débattre des 115 premiers romans reçus (soit 31 de plus qu’en 2019). Une attention particulière a été accordée à la rentrée d’hiver 2020 avec 60 livres reçus (seuls 2 romans de 2019 ont été retenus). Chaque participant a lu en moyenne 30 livres. Chaque ouvrage a été lu entre 1 et 10 fois. Ont été choisis 8 premiers romans jugés audacieux et respectant l’esprit de Régine Deforges, de huit éditeurs différents.

Pour avoir moi-même souvent fait partie de comités de sélection, je sais le travail et l’investissement que cela représente, et ces échanges et regards croisés sur les titres lus ne rendent que le Prix encore plus riche et diversifié.

Le jury, quant à lui, choisira le lauréat. Pour cette 5e édition, il est toujours composé des trois enfants de l’auteure, ainsi que de David Foenkinos, Noëlle Châtelet, Daniel Picouly, Serge Joncour, Marina Carrère d’Encausse, Julien Cendres, Éric Portais et Gilles Marchand, qui a rejoint le jury cette année. Du très joli monde, donc !

La Sélection 2020 

J’ai le grand plaisir de vous présenter les titres sélectionner pour cette nouvelle édition du prix !

77, de Marin Fouqué (Actes Sud) : Ce matin, il a attendu le car scolaire avec les autres adolescents mais il n’est pas monté dedans. Aujourd’hui il va rester toute la journée seul sous l’abribus, à regarder passer les voitures, à laisser son regard se perdre sur la terre du « sept-sept », ce département de transition entre Paris et la glaise, à se noyer dans les souvenirs qui le lient à Enzo le Traître, à la fille Novembre, au grand Kevin. Ce premier roman parvient à créer un flux de conscience époustouflant de spontanéité, d’énergie, de vérité.

Il fait bleu sous les tombes, de Caroline Valentiny (Albin Michel) : Jusqu’il y a peu, Alexis était vivant. A présent, il ne sait plus. Il perçoit encore la vie alentour, le bruissement des feuilles, le pas des visiteurs, et celui, sautillant, de sa petite soeur qui vient le visiter en cachette. Il se sent plutôt bien, mais que fait-il là ? Il ne sait plus. Ses proches n’y comprennent rien non plus. Quel est le mystère d’Alexis ? Qu’a-t-il voulu cacher à en mourir ?

Laisse aller ton serviteur, de Simon Berger (Corti) : A l’hiver 1705, Johann Sebastian Bach n’a que vingt ans. Il est organiste à Arnstadt, sa situation est établie, sa réputation solide. Qu’est-ce donc qui le pousse à braver le froid pour parcourir, à pied, les quatre cents kilomètres qui le séparent du maître de Lübeck ― le compositeur Dietrich Buxtehude ? Car Bach se met en route. Devant ses pas se dressent des silhouettes familières, des ombres inquiétantes, des pièges et des consolations. Mais c’est surtout du silence et de la solitude que Bach fait l’expérience, d’une solitude et d’un silence peuplés par la foi, en Dieu et en la musique. N’est-ce pas la noce de Dieu et de la musique que Bach tente de célébrer, seul dans la rigueur de l’hiver ? Serait-ce donc ainsi, en un mot, que Bach est devenu Bach ? Ce sont des questions que le roman rencontre. Mais il n’a pas prétention, il n’a pas vocation à trancher. Il invente. Il prend le parti de suivre un homme qui, dans un geste fou et sublime, décide de se mettre en marche et de fouler cent lieues de neige, pour aller se trouver, au nord de l’Allemagne, un maître parmi les maîtres. Au fond, tout cela n’est peut-être jamais arrivé. Mais quelle importance ?

Noone ou le Marin sans mémoire, de Yann Verdo (Éditions du Rocher) : Londres, 1889. Dans un monde victorien où se croisent riches oisifs et damnés de la terre, Oscar Klives, jeune médecin idéaliste, a renoncé à une carrière de neurologue pour se mettre au service des déshérités dans un hospice de l’East End. Un des miséreux qu’il examine, William Noone, se présente malgré son grand âge comme un homme de trente-deux ans. Pour Noone, qui se dit marin et se croit en 1847 dans un port irlandais, prêt à appareiller, le temps s’est arrêté. Cherchant à comprendre ce cas exceptionnel, le médecin consigne ses observations dans un journal et finit par traverser l’Atlantique sur les traces de son patient. La découverte du destin du marin sans mémoire va bouleverser sa vie…

Préférer l’hiver, d’Aurélie Jeannin (HarperCollins) : À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte. Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

Le premier qui tombera, de Salomé Berlemont-Gilles (Grasset) : Lorsqu’il quitte Conakry avec sa famille pour fuir Sékou Touré, Hamadi a 11 ans, des parents qui s’aiment, un père respecté qu’on appelle Le Chirurgien, une mère douce et belle de qui il est le préféré, trois frères et sœurs dont il se sent déjà responsable. 40 ans plus tard, c’est un homme rompu qui hurle sur un brancard dans un hôpital parisien, ivre pour la énième fois. Ce jour-là, ses frères et sœurs, ceux venus d’Afrique et les deux nés Français, décident de le faire interner. Hamadi n’est plus l’aîné, fierté de la lignée, mais sa honte. Que s’est-il passé entre-temps ? Le déclassement et la chute progressive de la famille. Les diplômes du père ne valant rien en France, il finit infirmier dans un hospice pour vieux ; ils migrent tous à Bobigny, Marie trouve un emploi dans un supermarché, Hamadi des amis, les membres de « La Fraternité », quatre gosses rieurs et bagarreurs, tendrement cruels, qui l’initient à la petite délinquance. Rapidement, il quitte l’école, rentre au service de Serge, proxénète et trafiquant du coin, pour surveiller ses filles, la nuit, au bois de Boulogne. Parmi elles, il y a Khadija, dont Hamadi tombe amoureux. Pour elle, il perd la tête, rêve d’une vie nouvelle ailleurs, et met en danger la vie de l’un de ses frères. Les choses tournent mal. Seul l’alcool pourra calmer sa peine et sa culpabilité.

Sœur, d’Abel Quentin (L’Observatoire) : Adolescente revêche et introvertie, Jenny Marchand traîne son ennui entre les allées blafardes de l’hypermarché de Sucy-en-Loire, sur les trottoirs fleuris des lotissements proprets, jusqu’aux couloirs du lycée Henri-Matisse. Dans le huis-clos du pavillon familial, entre les quatre murs de sa chambre saturés de posters d’Harry Potter, la vie se consume en silence et l’horizon ressemble à une impasse. La fielleuse Chafia, elle, se rêve martyre et s’apprête à semer le chaos dans les rues de la capitale, tandis qu’à l’Élysée, le président Saint-Maxens vit ses dernières semaines au pouvoir, figure honnie d’un système politique épuisé. Lorsque la haine de soi nourrit la haine des autres, les plus chétives existences peuvent déchaîner une violence insoupçonnée.

Ténèbre, de Paul Kawczak (La Peuplade) : Un matin de septembre 1890, un géomètre belge, mandaté par son Roi pour démanteler l’Afrique, quitte Léopoldville vers le nord. Avec l’autorité des étoiles et quelques instruments savants, Pierre Claes a pour mission de matérialiser, à même les terres sauvages, le tracé exact de ce que l’Europe nomme alors le progrès. A bord du Fleur de Bruges, glissant sur le fleuve Congo, l’accompagnent des travailleurs bantous et Xi Xiao, un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l’art de la découpe humaine. Celui-ci décèle l’avenir en toute chose : Xi Xiao sait quelle oeuvre d’abomination est la colonisation, et il sait qu’il aimera le géomètre d’amour. Ténèbre est l’histoire d’une mutilation. Kawczak présente un incroyable roman d’aventure traversé d’érotisme, un opéra de désir et de douleur tout empreint de réalisme magique, qui du Nord de l’Europe au coeur de l’Afrique coule comme une larme de sang sur la face de l’Histoire.

Connaissiez-vous le Prix Régine Deforges ?

Avez-vous lu certains des titres de la sélection ?

Cet article est sponsorisé.

5 réflexions au sujet de « Prix Régine Deforges : Présentation de la Sélection 2020 »

  1. Je connaissais mais uniquement de nom ^-^ Merci pour la découverte et grâce à toi, nous pourrons donc suivre l’évolution de ce prix ! Belle journée à toi ☼

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